De vive voix 8.06 LIBERTÉ D’EXPRESSION, Covid, négos : conditions de travail.

«Un regroupement, c’est comme un voyage sur Mars! Faut revenir sur Terre après…»

Denis Paquin

Un regroupement qui démarre en force…Par une minute de silence…

Texte lu par le camarade de André-Laurendeau, Jean-François Lessard

Hommage à Samuel Paty

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Samuel Paty

«Vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie au collège Bois d’Aulne, a été décapité. Il s’agit d’un acte terroriste islamique.

À Conflans, des élèves et des parents se souviennent d’un professeur exceptionnel. Un professeur soucieux du collectif, se rappellent d’anciens collègues.

Samuel Paty était en charge de l’enseignement moral et civique, avec des cours portant sur la liberté d’expression. Dans le cadre de ce cours, il a été appelé, entre autres, à montrer deux caricatures du prophète Mahomet, des caricatures parues il y a quelques années, dans le journal satirique français Charlie Hebdo et republiées récemment. Il prenait même la peine d’annoncer à l’avance ce qu’il était pour montrer en classe afin d’inviter les étudiants, à qui cela pourrait déplaire, à détourner le regard ou à sortir de la classe.

C’est ce qui lui a valu une peine de mort, soit d’avoir sa tête découpée du reste de son corps à coups de hachoir de boucher par un individu ayant décidé d’appliquer lui-même sa version de la justice divine.

Nous prenons aujourd’hui un moment pour nous rappeler la mémoire de Samuel Paty et aussi pour méditer – de manière trop brève – sur les nouveaux dangers auxquels font face de plus en plus d’enseignants.

L’évènement abominable du 16 octobre nous rappelle à quel point la liberté d’expression et de pensée sont de plus en plus remise en question à l’intérieur même de nos sociétés dites libérales, démocratiques et pluralistes. Le droit à ne pas être offensés semble désormais être érigé en prima absolu, aussi irréfléchi ce pseudo-droit est-il et aussi funestes les conséquences qu’entrainent ce droit de censure.

Avec l’assassinat de Samuel Paty, c’est toute la grande et longue tradition humaniste de l’éducation que l’on remet en question, que l’on tente d’atteindre pour la réduire au silence.

Cet esprit humaniste, rappelons-le, consiste à mettre l’homme au cœur des préoccupations, à lui permettre de réfléchir sur son passé, sur sa situation présente et aussi sur son devenir. Pour réfléchir ainsi, il faut inéluctablement faire montre d’un esprit critique, d’une capacité de remise en question, d’accepter le débat d’idées et le questionnement des discours dominants son époque, qu’ils soient idéologiques, religieux ou culturels.

Tout comme il est possible de remettre en question l’héritage du christianisme ou de se moquer du Christ des chrétiens ou de prononcer le nom du dieu des juifs, malgré l’interdit, YHWH, il est nécessaire que des enseignants puissent discuter, critiquer et remettre en question les dogmes de la troisième religion monothéiste.

A person holds a placard reading ‘Bleeding (a French play on words with the word Teachers and the French word for ‘Bleeding)’ near the entrance of a middle school in Conflans-Sainte-Honorine, 30kms northwest of Paris, on October 17, 2020, after a teacher was decapitated by an attacker who has been shot dead by policemen. The man suspected of beheading on October 16 ,2020 a French teacher who had shown his students cartoons of the prophet Mohammed was an 18-year-old born in Moscow and originating from Russia’s southern region of Chechnya, a judicial source said on October 17. Five more people have been detained over the murder on October 16 ,2020 outside Paris, including the parents of a child at the school where the teacher was working, bringing to nine the total number currently under arrest, said the source, who asked not to be named. The attack happened at around 5 pm (1500 GMT) near a school in Conflans-Sainte-Honorine, a western suburb of the French capital. The man who was decapitated was a history teacher who had recently shown caricatures of the Prophet Mohammed in class. / AFP / Bertrand GUAY

Il est des professions qui relèvent d’une mission sociale : infirmière, médecin, préposé aux bénéficiaires, chercheur en recherche fondamentale, travailleur social. À cette liste, on peut très certainement y ajouter les enseignantes et les enseignants. Notre profession ne consiste pas à d’abord produire de la richesse, notre mission relève d’une responsabilité sociale fondamentale pour plusieurs d’entre nous, soit de cultiver l’esprit critique chez nos étudiants, développer leur capacité à remettre en question les présupposés de notre époque. C’est parce que nous avons à cœur notre mission humaniste que nous tenons à dénoncer fermement ce crime odieux.

Que le meurtre de Samuel Paty serve de rappel sévère à chacun d’entre nous : nous ne pouvons pas tenir pour acquise notre liberté d’expression, mais nous nous battrons de manière résolue pour la défendre.

***

1 minute de silence

Sur le thème de la liberté d’expression…

Dans les pages de La Presse, le 30 octobre dernier, sous la plume de Fabrice Vil,…paraissait ce paragraphe diffamant pour l’un des nôtres…

(…)

«J’ai aussi été informé du cas de Stéphane Chalifour, professeur de sociologie au Collège Lionel-Groulx. Sur un forum en ligne du Collège, un débat fut lancé dans les derniers jours sur l’utilisation du mot commençant par N par Lowensky Junior Louis, un élève du Collège. M. Louis, un élève noir, tentait de faire valoir son point de vue sur l’impact négatif du mot commençant par N. Or, ses publications sur la plateforme ont été effacées, et s’en sont suivis des commentaires de M. Chalifour relayant des articles. M. Chalifour écrit : « [p]our instruire quelques inquisiteurs et coupeurs de tête » en lien avec un article, puis « [i]l s’agit d’un Nègre qui parle de l’histoire de ce mot » au sujet d’un autre article. Est-ce acceptable venant d’un professeur ?» (…)

Pour lire le texte en entier : https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-10-31/le-film-d-horreur.php

IL N’Y AURA PAS D’EXCUSES

Par Stéphane Chalifour, professeur de sociologie

Stéphane Chalifour

Nous avons été nombreux et nombreuses à signer la lettre d’appui à la professeure de l’université d’Ottawa, Verushka Lieutenant-Duval. Lancée par une de nos collègues, cette pétition est devenue à son tour objet de controverse. Relayant les propos du recteur Frémont[1], des chroniqueurs y ont même vu la preuve du biais raciste des signataires dont la vaste majorité a le malheur d’être blanche[2]. Dans ce contexte surréaliste, il fallait peut-être s’attendre, que le débat finisse par faire des vagues même au sein de notre petite communauté habituée au confort douillet de la banlieue à la fois proche géographiquement de la grande ville et pourtant si loin de ses clivages et des tensions qui la traversent.

Les faits

Comme toutes les vagues, celle-ci envahit l’espace public et cherche à s’infiltrer dans les interstices des réseaux sociaux, des différents médias, des institutions et de leurs appareils. Fierté de notre collège, l’application C.lionel est ainsi devenue une tribune propice au lynchage de professeurs.e.s et aux accusations sans fondement. Manifestement animé par les convictions qui mobilisent aujourd’hui nombre de «militants antiracistes», un étudiant du collègue publiait, la semaine dernière, un «post» laissant croire que du simple fait qu’ils sont blancs, les signataires de la lettre se rendaient complices de racisme. Il est minuit le dimanche 25 octobre dernier lorsque mon épouse me signale la chose. Je venais d’entendre quelques heures plus tôt des entrevues avec des historiens noirs sur les usages du mot «en N», dont celle particulièrement éclairante de Dany Laferrière. Peu friand des Facebook, Tik Toc, et autres instagram, je ne m’étais jamais branché sur C.lionel avant ce soir-là. La suite m’aura rapidement convaincu de l’extraordinaire puissance des réseaux sociaux et de leur potentiel mobilisateur certes, mais aussi destructeur.

Pour lire le texte dans son entiereté :

De la liberté académique et du choc des cultures

Par Patrice Roy, professeur d’informatique.

Note : ce texte fut écrit vendredi le 6 novembre 2020.

J’ai vécu la crise de la liberté académique de plein fouet aujourd’hui, en partie dû à ma maladresse.

-=-=-

Je bavarde chaque deux semaines ou à peu près, une heure ou un peu moins chaque fois, avec quelques amies et quelques amis que je croise normalement lors d’événements internationaux, et que je ne croise manifestement pas depuis la fermeture des frontières mars dernier. Ce sont des gens intelligents, que j’apprécie, et avec qui j’échange sur des sujets techniques et humains.

Ce matin, le sujet le plus « chaud » était les élections américaines, dont le résultat était alors toujours en suspens, de même que le socialisme utilisé au sud de notre frontière comme épouvantail; il faut comprendre que ce groupe de copines et de copains comprend, en plus de moi-même (du Canada pour elles et eux, mais plus particulièrement du Québec aujourd’hui), une amie de Norvège, un ami d’Islande qui travaille en Suède, deux américains (dont l’un des deux était absent) et une amie de République Tchèque. Le socialisme comme menace en faisait sourire plusieurs.

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

Volet négo

Volet Mobilisation Covid-Négo

Vous avez été nombreux à Lionel-Groulx à signer le texte collectif paru dans le Devoir, jeudi le 29 octobre dernier, texte qui demandait 20% d’allégement de la tâche pour l’hiver. Je vous re-soumets le texte ainsi que le fichier des 2000 premiers signataires. Vous verrez, de lire les signatures des camarades de partout au Québec a quelque chose à la fois d’inquiétant, mais aussi de réconfortant. Nous ne sommes pas seuls à y croire.

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/588678/il-est-temps-de-reconnaitre-le-travail-des-professeur-e-s-au-collegial

Prochaine action : Récits de profs

Je vous propose la lecture des 15 premiers récits de professeur.e.s (Je les recueille toujours en vue de l’action du 13 novembre, devant le bureau d’Éric Girard, député de Groulx et ministre des finances du Québec.)

Je voudrais dédier ces récits à Michel Louis Beauchamp, Directeur général du collège, à Philippe Nasr, Directeur des études et à Danielle Coallier, Directrice des relations humaines.

Bonne lecture :

Quelques photos de la manifestation de ZOOMbies, le vendredi 30 octobre dernier

Aux syndicats du secteur public de la CSN et à leurs membres 

Camarades,  

Vous trouverez plus bas toute l’information et le lien pour participer à un grand rassemblement virtuel sur la mobilisation pour la négociation du secteur public. Nous vous invitons à transférer cette invitation par courriel à tous vos membres. L’événement est ouvert à toutes et à tous, mais, en raison du nombre de places limité, nous invitons d’abord les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN. 

Nous vous demandons de procéder exclusivement par courriel pour la première vague d’invitations. Nous lancerons des invitations Facebook à compter du mercredi 4 novembre s’il reste des places disponibles.  

Encouragez vos membres à participer en grand nombre. Il s’agit du plus grand rassemblement virtuel du secteur public de la CSN à ce jour, un événement à ne pas manquer.  

Titre :  

Grand rassemblement virtuel sur la mobilisation pour la négociation 2020 du secteur public 

Secteur public CSN 

Lieu, date et heure :  

Le mardi 10 novembre 2020, sur Zoom, de 19 h à 21 h 
Le lien pour l’inscription se trouve après la description de l’événement. 

Description :  

Dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leurs conventions collectives, les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN sont invités à participer à un grand rassemblement virtuel sur la mobilisation.  

Animé par Frédéric Bastien Forrest, le rassemblement permettra aux militantes et aux militants d’échanger avec deux personnalités ayant une grande expérience de luttes sociales. Impliqués depuis plusieurs années dans d’importantes mobilisations autour d’enjeux sociaux en ébullition, Camille Robert et Will Prosper aborderont la nécessité d’avoir recours à l’action collective et tous les défis s’y rattachant.  

L’activité ne sera pas qu’une conférence classique; elle sera indubitablement interactive. Plusieurs périodes d’échanges sont prévues avec les participantes et les participants à l’aide d’outils numériques simples et faciles à utiliser. 

Bien qu’elle s’adresse principalement aux membres du secteur public de la CSN, l’activité est ouverte à toutes et à tous. Elle se déroulera sur la plateforme Zoom, le mardi 10 novembre 2020, de 19 h à 21 h. Puisque des outils sont mis en place pour interagir avec les participants, les places sont limitées et les inscriptions sont obligatoires. Veuillez donc vous assurer de votre disponibilité avant de vous y inscrire.  

Finalement, notez qu’il s’agit d’un rassemblement connecté : une connexion Internet adéquate est nécessaire pour y participer et une tablette ou un ordinateur sont à privilégier pour faciliter les interactions.  

Inscription :  

Vous pouvez vous inscrire dès maintenant en cliquant sur ce lien : https://zoom.us/webinar/register/9516040719204/WN_XgPXGyImRiqT7T87ATCWKQ

Invité-es :  

Camille Robert : doctorante et chargée de cours en histoire à l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur l’histoire des femmes, du féminisme, du travail, du syndicalisme et des services publics au Québec. Elle a également milité dans différents milieux, dont le mouvement étudiant.  

https://www.camille-robert.info/

Will Prosper : réalisateur, travailleur social, chroniqueur, militant antiraciste des droits civiques et antiraciste québécois, confondateur de Républik Montréal-Nord et de Hoodstock.

Animation :  

Frédéric Bastien Forrest : communicateur, chroniqueur à l’émission Pénélope d’ICI Première, spécialiste en créativité numérique, Youtubeur et influenceur, il est un animateur passionné et expérimenté, notamment sur le Web. 

Avec la participation de : 

Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux 

Caroline Senneville, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux et responsable politique de la négociation du secteur public 

Solidarité.

L’équipe du secteur public CSN

infoCCSPP@csn.qc.ca

Cette semaine…

Mardi le 10 novembre : soirée webinaire sur la négo

12 novembre : Commission des études (étude pour adoption du cadre de l’enseignement pour l’hiver, en mode hybride)

13 novembre : Manifestation à relais devant le bureau d’Éric Girard, lecture de récits de profs, 204, boulevard du Curé-Labelle, Sainte-Thérèse. (10h à 13h)

14 novembre : manifestation nationale du CCSPP à Montréal et régionale (dans les Laurentides, c’est le 13 que ça se passe!)

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