De vive voix 8.12 spécial liberté académique

Photo : Judith Trudeau

Alors le voici le voilà ce spécial liberté académique. Je vous soumets les textes par ordre de réception. Merci aux auteurs et autrices. Bonne lecture à vous tous et toutes. Camarades du comité, nous avons un beau travail à faire!

La Fneeq doit refermer la boîte de Pandore sur la liberté académique

Murielle Chapuis

Un problème mal posé ; une proposition minée

Par Murielle Chapuis, professeure de littérature

Alors que la liberté académique n’est pas suffisamment reconnue dans les conventions collectives des cégeps[1], et qu’elle devrait être inaliénable de la part du syndicat selon l’article 2-3.01[2], les représentants des syndicats locaux impliquant différents cégeps et quelques universités ont adopté une proposition périlleuse lors du Conseil fédéral de la FNEEQ des 2 au 4 décembre 2020.  

Sans avoir su procéder auparavant à une consultation systématique de leurs membres, ceux-ci ont entériné, après avoir procédé à l’amendement du point un adopté par une seule voix de majorité selon le secrétaire de cette réunion et « près de quatre heures [3]» de délibération, la longue proposition suivante qui peut mener à de graves précédents :

Pour poursuivre la lecture de ce premier texte :

À la défense d’un principe inaliénable

Par Nicolas Tremblay, département de français

Nicolas Tremblay

Dans mon article, je ne parlerai pas du mouvement Woke, de la cancelled culture, de l’anticolonialisme… Les articles abondent déjà sur ce nouveau progressisme revendicateur qui remet en question notre parole, c’est-à-dire celle des professeurs que nous sommes tous. Il est inutile d’en rajouter ici. Je souhaite plutôt aborder la question de la liberté académique en elle-même ainsi que celle du rôle que nous jouons auprès de nos étudiants.

Liberté, principe inaliénable

Notre syndicat tant local que national devrait, en prévision de la rédaction du mémoire sur « la liberté académique incluant les enjeux du racisme et de la discrimination systémiques », se rappeler que son rôle fondamental est de défendre les intérêts du corps enseignant qui le compose, et qu’il y va là d’un intérêt fondamental, voire vital : notre parole ne doit pas être restreinte ni balisée d’aucune façon. Notre syndicat n’est pas là pour représenter les opprimés ou les victimes, mais des professeurs embauchés par l’État pour remplir une mission, celle d’instruire de jeunes et de moins jeunes adultes.

Pour poursuivre la lecture de ce second texte :

Liberté académique et sensibilité raciale : il n’est pas nécessaire de choisir son camp.

Par Bruno Marcotte, professeur de science politique

Bruno Marcotte

Le traitement médiatique du débat sur la liberté académique peut donner l’impression que nous assistons au Québec à une «guerre culturelle» à l’américaine. Pourtant, les coups de canon éditoriaux des dernières semaines ont poussé des centaines, voire des milliers de professeurs à lire, réfléchir et dialoguer. Là où certains voient une guerre, d’autres voient des questions.

Dans cet esprit, je propose ici cinq principes qui devraient d’après moi guider la réponse syndicale du SEECLG sur les questions de liberté académique. Le thème fédérateur est qu’il n’y a pas d’opposition à chercher entre l’engagement envers la liberté académique et le développement d’une plus grande sensibilité par rapport aux enjeux raciaux. Pour reprendre les mots d’Ève Ménard et Shophika Vaithyanathasarm, je cherche ici à trouver « un équilibre sain nous permettant de continuer à apprendre sur le passé, tout en envisageant un avenir différent»[1]


[1] Ève Ménard et Shophika Vaithyanathasarm. «Liberté d’enseignement et modération des discours». Le Devoir. 17 février 2021. [hyperlien].

Pour poursuivre la lecture de ce troisième texte :

Contre une approche punitive et pour une réflexion inclusive

Par Claire Dumouchel, professeure de psychologie

Claire Dumouchel

Bien que j’aie déjà écrit un article dans le de Vive Voix 8.08 sur l’importance de l’écoute et du dialogue dans les enjeux de liberté académique, je vais préciser davantage ma posture. Pour contextualiser, je vais parler davantage de mon expérience. Bien sûr je suis enseignante en psychologie, mais plus précisément ma formation est en recherche et en psychologie organisationnelle, qui est une branche de la psychologie sociale. J’ai aussi beaucoup touché aux enjeux de communication et de discrimination. J’ai donc déjà été exposée dès mes études universitaires aux notions de discrimination et racisme systémiques, du point de vue psychologique et sociologique. Je suis aussi militante féministe et, bien que mon engagement ait changé de forme de mon adolescence jusqu’à aujourd’hui, mon implication a toujours été centrale dans ma vie.

Je vais me prononcer sur 2 points concernant les enjeux de liberté académique :

  • La dénonciation d’une approche punitive face aux enseignant.e.s dans les cas reliés à la liberté académique
  • L’importance d’une réflexion inclusive dans le titre Comité sur la liberté académique incluant les enjeux de racisme et de discrimination systémiques

Pour poursuivre la lecture de ce quatrième texte :

LE RÉEL DANGER

Par Michel Milot, professeur de mathématiques

Michel Milot

Dans l’actuelle saga sur la liberté académique (grimpée en épingle par une obsession des médias), je sens un souffle conservateur qui craint de perdre une partie de son hégémonie. Bien sûr, certains cas récents comportent des aspects inquiétants, voire révoltants, qu’il faut dénoncer, tout autant que la manière dont se comportent certains gestionnaires devant leurs « clients rois ». Cela dit, je ne peux m’empêcher de constater que, parallèlement, quand vient le temps de dénoncer les dérives du formatage technocratique et des obsessions gestionnaires de plus en plus présentes dans l’enseignement collégial, celles-là qui dénaturent de plus en plus notre métier et restreignent notre liberté académique, bien peu sont présents à les dénoncer. Pour ne citer qu’un exemple, je suis beaucoup plus inquiet pour l’avenir de l’éducation et de notre métier du bulldozer du numérique et de l’intelligence artificielle (l’arrivée de robots bienveillants[1]) dans les cégeps, que d’une remise en question somme toute rare de l’utilisation de certains mots.


[1] Consultez le site Internet de la compagnie Optania pour plonger dans cette dystopie…

Pour poursuivre la lecture de ce cinquième texte :

Suggestion de lecture de Michel Milot   Très stimulant de lire des étudiant.es se prononcer dans l’article « La liberté universitaire contre la dérive autoritaire » (Le Devoir, 5 mars 2021). Ce texte ajoute en profondeur aux éléments que j’effleure dans ma contribution au débat sur la liberté académique.

Quelques propos sur le racisme systémique en éducation

Par Rémi Vachon, professeur en philosophie

Rémi Vachon

Dans son livre White Fragility (2018), l’auteure Robin Diangelo présente l’exemple (réel) d’une enseignante blanche dans une école aux États-Unis qui reçoit dans son bureau deux étudiantes noires.

Durant la rencontre, l’enseignante s’adresse à une des étudiantes en utilisant le mot « girl ». L’étudiante est alors choquée par ce qu’elle juge être un ton condescendant et considère que ceci doit être lié au fait qu’elle est noire. La seconde étudiante, elle aussi noire, répond alors à son amie que ce n’est pas le cas, parce qu’elle a vu régulièrement l’enseignante utiliser le même mot en s’adressant à d’autres étudiantes, indépendamment de leur ethnicité.

Face à cet incident, les enseignants de l’établissement ont en bloc pris la défense de leur collègue en faisant valoir que le témoignage de la seconde étudiante prouvait que ce n’était pas raciste.

Bon, ici je n’ai pas l’intention de développer sur les raisons pourquoi à mon sens il ne s’agit pas d’un incident raciste. Ce sur quoi je veux mettre l’accent c’est sur l’analyse que fait Robin Diangelo de cette situation.

Pour poursuivre la lecture de ce sixième texte :

LIBERTÉ ACADÉMIQUE ET SOUCI DE NE PAS HEURTER LA SENSIBILITÉ DES ÉTUDIANTS

UNE RÉFLEXION DIALECTIQUE

Par Yanick Binet, professeur de philosophie

INTRODUCTION

Yanick Binet

Il s’est dit beaucoup de choses sur la liberté académique et sur la bonne façon de l’articuler avec le souci de ne pas choquer inutilement la sensibilité des étudiant-e-s.

La raison pour laquelle le sujet suscite tant de passions est certainement que deux ordres de préoccupation entrent en conflit. Ces préoccupations concurrentes traduisent une vision profonde de ce que devrait être la mission de l’école et la bonne façon de faire progresser la société, et sont même souvent associées avec une identité que l’on cherche à défendre, parfois avec passion.

Afin de poser un jugement éclairé, il me semble important de comprendre les points de vue en présence.

Loin d’être exhaustif, le texte suivant tente de rendre compte de ce m’apparaissent être les arguments les plus communs de chaque côté. Bien entendu, certains seront moins forts que d’autres, sinon carrément des préjugés.

Pour poursuivre la lecture de ce septième texte :

Une bêtise systémique

À ne pas vouloir reconnaître ce qui menace l’autonomie professionnelle, nous courrons le risque de pervertir complètement la mission fondamentale inhérente à l’acte d’enseigner

Par Stéphane Chalifour, professeur en sociologie

Stéphane Chalifour

Née de ce qui est devenue l’«affaire» Lieutenenant-Duval, la controverse autour de la liberté académique aura permis de révéler le profond malaise dont est porteuse une mouvance idéologique qui se présente à nous sous les traits de volontés émancipatrices. Les dernières controverses devraient pourtant suffire à nous convaincre des dangers que représente une posture morale dont la stratégie consiste, au nom des bons sentiments, à faire des sensibilités subjectives et aléatoires un principe objectivé et formalisé devant désormais contraindre les conduites. Accusés de «racisme», d’«islamophobie», ou «transphobie», des collègues du réseau universitaire notamment subissent les foudres de jeunes militants fanatisés rompus à la «cancel-culture» avec la complicité d’une nouvelle intelligentsia qui se croit investie d’une véritable mission purificatrice. Déclarés coupables du simple fait d’être dénoncés sans autre procès, certains font même l’objet d’une véritable campagne d’intimidation avec, comme on l’a vu à Ottawa, la complaisance d’un recteur dont le camp n’est visiblement pas celui de la justice.

Pour poursuivre la lecture de ce huitième texte :

Suggestion de lecture de Stéphane Chalifour :

Liberté académique. Liberté.

Par Étienne Gendron, professeur en histoire

Étienne Gendron

Le mot est lourd de signification, pesant. Il invite à prendre tout débat qui l’entoure au sérieux, sous peine de plaider pour l’enchaînement d’autrui. Depuis plusieurs mois, il est sur toutes les lèvres et nourrit les inquiétudes de centaines d’enseignants qui craignent de voir leur profession muselée, son exercice policé, chaque parole soupesée face au tribunal invisible de la rectitude politique. Bref : la question est présentée comme une question de principes, l’opposition entre un paradigme «woke» menant à l’autocensure, ou à celui d’une société démocratique et libérale dévouée au libre échange des idées.

Pour poursuivre la lecture de ce neuvième texte :

De vive voix 8.11

Pour vous, retraité.es

Anticipation du budget Girard

Pour ceux et celles qui redoutent le prochain budget, je vous propose quatre lectures : le mémoire déposé par les quatre centrales syndicales du Québec, une brochure créée par l’IRIS et deux lettres, une publiée au national et une autre à paraître dans les journaux locaux des Laurentides.

Judith Trudeau

Bonne lecture!

Brochure de l’IRIS

L’austérité n’est pas une option

INFOLETTRE DE LA FNEEQ

Réussite à Lionel

Vous avez assisté à la Commission des études du 4 février dernier ou de l’ACCDP du 18 février? Vous aimeriez retrouver la présentation de Maryse Turenne sur les taux de réussite des deux dernières années? Les voici! En prime, un article sur la réussite où l’on y cite deux études qui influenceront peut-être des actions à venir. Anticipons!

Au Cégep, éteindre les feux et plus encore!

Négociations

Info-négo :

L’importance de se mobiliser, par Jean-Noël Grenier :

Outils pour s’y retrouver dans la négo

Vous voulez vous concentrer sur les demandes sectorielles? Voici deux outils récapitulatifs :

Mobilisation

Le coeur à visage découvert, un slam de David Goudreault

Je vous soumets mon résumé de la rencontre virtuelle du 12 février dernier. Une volonté de coordonner 3 Cégeps pour répondre au défi : 45 bonnes raisons de se mobiliser. Sachez que si le cœur vous en dit, nous nous rencontrons au local syndical ce lundi 22 février (MIDI) pour cogiter autour de notre action :

Improvisation mixte ayant pour thème : Une année sans convention

Nombre de joueurs: illimité

Catégorie: à la manière d’une tragédie

Durée : 3min 30 secondes

Pour vous donner le goût, visionnez :

45 raisons de se mobiliser (première capsule)

45 raisons de se mobiliser (deuxième capsule)

Liberté académique

Voici la démarche que nous vous proposons pour la suite des choses :

  1. La proposition qui suit sera débattue lors de la prochaine AG le 24 février prochain.
Considérant les événements depuis l’automne 2020 en lien avec la liberté académique;
Considérant la proposition du conseil fédéral du 2-3-4 décembre;
Considérant qu’à travers cette proposition; les syndicats locaux ont la possibilité de soumettre un mémoire pour outiller le comité École et société dans ses travaux en vue du congrès de juin prochain;
Il est proposé
que le SEECLG propose La formation d’un comité ad hoc ayant pour mandat la création d’un mémoire sur la «liberté académique incluant les enjeux de racisme et de discrimination systémiques».
Que dans son mandat, le comité tienne compte des points de vue exprimés dans le De vive voix spécial liberté académique incluant les enjeux de racisme et de discrimination systémiques qui sera diffusé le 3 mars prochain.
Que le mémoire reçoive l’aval de l’AG du 24 mars prochain pour envoi au comité École et société d’ici le 26 mars prochain. 

2. Si la proposition est acceptée, il y aura formation de ce comité séance tenante (24 février).

3. Vous avez jusqu’au 3 mars midi pour faire parvenir vos textes au seeclg@gmail.com pour le spécial liberté académique.

Santé et sécurité au travail, PL 59

Retraite : formation RREGOP en ligne ce 23 février de 17h à 19h30

Bonjour,

Caroline Quesnel

Le CFARR propose à nouveau une courte formation de 2 heures et demie sur la retraite et les dispositions du RREGOP qui s’adresse aux membres locaux. Cette formation vise à répondre aux besoins de certaines personnes qui n’ont pu se joindre à des formations locales du CFARR ou qui souhaitent, dans le contexte de la pandémie, nourrir leur réflexion sur leur proche avenir. 

Cette formation multi syndicats aura lieu le mardi 23 février 2021 de 17 h à 19 h 30 par visioconférence. Elle est ouverte aux membres des syndicats du regroupement cégep qui cotisent au RREGOP. Sachez que nous ne limiterons pas le nombre de participant‑es afin de permettre au plus grand nombre d’en profiter. Par conséquent, il sera difficile de répondre à toutes les interrogations individuelles, cependant nous vous transmettrons dans un prochain envoi des directives précises pour acheminer les questions avant et pendant la formation.

Voici les coordonnées  :

DATE:        Mardi 23 février 2021 (par visioconférence Zoom) Le lien Zoom pour joindre la formation sera transmis plus tard aux personnes inscrites.

                    17 h à 19 h 30

Envoyez vos noms et adresse courriel au seeclg@gmail.com si vous êtes intéressé.es. Vous avez jusqu’à midi, ce lundi 22 février pour manifester votre intérêt.

MATÉRIEL À PRÉVOIR POUR LA FORMATION :
Calculette  (IMPORTANT)
Relevés RREGOP et RRQSi vous les avez (ces documents ne sont pas indispensables, mais vous seraient fort utiles).

Suggestions de lecture

par Stéphane Chalifour, professeur de sociologie

Stéphane Chalifour

MOREAU, Patrick, «Où cela s’arrêtera-t-il?» , Le Devoir, 3 février 2021

BOUCHARD, Gérard, «L’antiracisme au Québec» Le Devoir, 13 février 2021

Quelques photos…

À venir…

lundi 22 février : Rencontre de mobilisation au local du syndicat (midi) + date limite pour s’inscrire à la formation retraite en ligne (midi)

Mardi 23 février : formation RREGOP (17h-19h30) inscription nécessaire.

Mercredi le 24 février : AG en ligne à partir de 12h30

25-26 février : Regroupement Cégep

3 mars midi : Date limite pour soumettre un texte dans le De vive voix spécial liberté académique

1-5 mars : semaine de mise à niveau

11 mars : Commission des études

de vive voix 8.10

Nous vous souhaitons de la prévisibilité, une longueur de vue et pas trop d’obstacles cette session-ci.
Bonne session hiver 2021

Bilan de l’automne et voeux pour 2021

Par Christiane Carrère, professeure en anthropologie

À qui de droit,  

Je veux débuter en vous souhaitant une Bonne année 2021. On se la souhaite tous un peu meilleure, beaucoup moins chaotique et beaucoup plus douce que 2020.   

En fait, je ne vous la souhaite que maintenant car c’est ma première journée de vrai repos (sauf le 24 décembre) depuis le mois d’octobre et j’ai pu, enfin finir par remettre mes notes le 3 janvier et en ai discuté hier avec des étudiant-e-s.   

Christiane Carrère

Tout d’abord, je voulais vous dire que si je vous écris, c’est que j’ai de l’espoir, l’espoir que cette douceur soit aussi prodiguée aux profs qui se désâment pour faire la job dans un contexte tellement difficile. Un contexte où certaines vérifications, qu’on nous demande par ailleurs, sont carrément impossibles, un contexte où tout est plus ardu et complexe qu’en temps normal. C’est vrai pour tous, et c’est aussi vrai pour nous.  

Je tenais à dire avant tout, que je suis encore sous le choc de l’étonnement de quand J’ai rencontré un membre de la direction, alors que j’allais chercher un livre à la bibliothèque du collège. Qui m’a alors dit que rien n’était très différent concernant les abandons et l’admission à ce moment-là. Je me souviens de mon étonnement.  

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

Suggestions pour la session qui vient, cliquez ici

Avec la participation des représentants syndicaux de St-Jean, Sherbrooke, Maisonneuve, La Pocatière, Lionel-Groulx, Montmorency et Édouard-Montpetit. Bon visionnement!

Caméras ouvertes, déclaration commune

13 janvier 2021
«À la lumière de l’expérience vécue depuis le début de la pandémie, les parties signataires constatent plusieurs difficultés associées à l’enseignement en non-présentiel. Parmi celles-ci, le fait d’offrir des activités pédagogiques alors que les caméras sont désactivées constitue un enjeu affectant l’expérience de formation, pour les personnes enseignantes et étudiantes. Dans ce contexte, il nous apparaît important de demander d’une même voix à toutes les utilisatrices et à tous les utilisateurs des plateformes de maintenir leur caméra ouverte durant les cours.

Ce principe du maintien de la caméra en fonction comporte toutefois certaines exceptions qu’il est important de reconnaître, soit lorsque des problèmes associés à la connexion Internet rendent l’usage de la caméra difficile, voire impossible, ou si des enjeux de respect de la vie privée se présentent.


Dans de tels cas, les étudiantes et les étudiants sont invités à utiliser les espaces sécuritaires, calmes et propices à la concentration ainsi qu’à l’étude rendus disponibles dans leur cégep, et ce, dans le respect des règles sanitaires. Les étudiantes et les étudiants peuvent aussi communiquer avec le personnel enseignant afin de trouver une solution qui tient compte de leur situation particulière, tout en favorisant une expérience positive pour l’ensemble des groupes concernés.


Caroline Quesnel Présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec
Lucie Piché Présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep
Noémie Veilleux Présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec
Bernard Tremblay Président-directeur général de la Fédération des cégeps

Volet sur la négo

Des négociations qui bloquent à la table centrale

par Denis Paquin

Denis Paquin

Notre convention collective est échue depuis le 1er avril 2020. Déjà près de 10 mois sans un nouveau contrat de travail! Après l’annonce d’une conclusion imminente en juin dernier, puis à nouveau en décembre, je n’ose plus me prononcer sur la fin de cette négociation qui s’éternise… Nous devrons visiblement accroitre nos moyens de pression au cours des prochains mois afin d’obtenir un renouvellement satisfaisant de notre convention. Je vous propose, par ce texte, de dresser un état de la situation et d’amorcer une réflexion sur la suite de cette négociation, disons-le, atypique.

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

La grève… en temps de pandémie?

Par Judith Trudeau

Judith Trudeau

L’enseignement en temps de pandémie n’est pas une sinécure. Défendre nos conditions de travail alors que les rassemblements se font sous le poush poush du purell et des masques de procédure n’est pas une mince affaire non plus. Pour ceux et celles qui voulaient relever de nouveaux défis, disons que nous sommes choyé.es!

Pourquoi sommes-nous à l’étape où il faut nous poser cette question? Parce que les négociations piétinent. (…)

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

Texte sur l’EUF

«Une directive ministérielle suspendant exceptionnellement, en raison de la pandémie, l’exigence de réussir l’Épreuve uniforme de français pour obtenir un diplôme d’études collégiales sème de vives inquiétudes chez les profs de cégep. Pour plusieurs d’entre eux, cette nouvelle directive, qui suggère que l’épreuve n’est plus obligatoire pour quiconque y a échoué depuis que sa réussite a été rendue nécessaire à l’obtention du diplôme en 1998, vient dévaluer les efforts de tous les étudiants qui l’ont réussie et laisse présager, à terme, son abandon.»

Pour poursuivre la lecture de ce texte : 22 ans d’épreuve uniforme de français risquent d’être jetés à l’eau

Il est à noter que lors du regroupement des 14 et 15 janvier dernier, celui-ci (y compris vos représentants de Lionel-Groulx, Denis Paquin et Judith Trudeau) a voté une motion de blâme au ministère pour le cafouillage autour de l’EUF de l’automne dernier.

Report demandé pour Mathématique

Proposition adoptée à la majorité lors du regroupement Cégep des 14 et 15 janvier.

À quoi ça sert un syndicat? (prenez le temps de visionner…c’est beau!)

Sondage performa…

Voici ce que le camarade Camille Dubuc, président du syndicat des enseigants de Granby écrivait à ses membres :

Camille Dubuc de Granby

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Vous avez reçu par courriel une invitation à compléter un sondage sur les besoins de formation des enseignant.e.s. Plusieurs exécutifs syndicaux sont frileux à l’idée de ce sondage. On le sait depuis le premier dépôt patronal, la formation sera un enjeu au cours des présentes négociations. Les employeurs veulent avoir un contrôle sur la formation offerte aux enseignant.e.s, contrôle sur le contenu et sur la participation. L’offre de Performa ne nous semble pas être un hasard. On comprend que dans la situation actuelle, le besoin de formation est très grand et qu’il est tentant de répondre au sondage. Mais il faut se rappeler que le budget de formation, gain fait au cours des négociations passées, appartient aux enseignant.e.s et que ce sont ces derniers et ces dernières qui sont en mesure de bien identifier leur besoin de formation. Nous n’avons pas encore de mot d’ordre de la FNEEQ concernant ce sondage. Mais je trouvais important de vous rappeler les enjeux entourant la formation et perfectionnement. Ils touchent principalement notre autonomie professionnelle. Ici au Cégep, nous avons notre programme de développement professionnel qui devrait nous guider dans un choix de formation et de perfectionnement. Ce programme est basé sur l’autoévaluation par l’enseignant.e de son cheminement. Ce programme se voulait une réponse à la demande d’évaluation des enseignant.e.s de la part de la direction des études. Peut-être que c’est simplement une crainte non fondée de notre part. Je voulais vous mettre au courant d’un des enjeux de la présente négociation.

Bravo à Fabien Torres, professeur de sociologie pour ce texte paru dans le Devoir ce week-end!

Depuis le confinement du printemps passé, nous avons vu se déployer une créativité sans limites afin de poursuivre différentes activités professionnelles et ludiques en ligne. Des musées aux concerts, des lieux de culte aux voyages, des cours éducatifs ou de yoga aux tâches professionnelles, sans oublier les 5 à 7 virtuels, on aurait pu avoir l’impression que tout pouvait désormais se vivre dans le confort de sa maison. Après plusieurs soupers virtuels, de très belles retransmissions de concerts de l’Orchestre Métropolitain ou plusieurs jours ou semaines de travail en ligne, on se rendait bien compte petit à petit que quelque chose commençait à manquer. Selon le sociologue et philosophe Hartmut Rosa, ce qui nous manque n’est autre que ce qu’il nomme la résonance, phénomène qu’il est bien difficile de recréer sur des écrans.

Pour poursuivre la lecture de ce texte : La vie en ligne ou la perte de résonance

Suggestions de lecture

Par Stéphane Chalifour, professeur de sociologie

  1. CYR, Marc-André, «Fragilité blanche et pâle analyse», Ricochet, novembre 2020 :

2. VALENTIN, Pierre, «Le décolonialisame est la maladie sénile de la gauche intellectuelle contemporaine, entretien avec Pierre-André Taguieff», Le figaro, 10 novembre 2020 :

Juste pour vous dire que nous avons un appui de taille dans nos négo:

Merci au travail des camarades de Édouard-Montpetit!

À venir :

25 janvier : Début des cours de la session hiver 2021

27 janvier à partir de midi : Assemblée générale

28 janvier : Commission des études (CÉ)

28 janvier : Rencontre de CCSPP (comité de coordination des services publics et parapublics)

29 janvier: Regroupement Cégep

2 février : Comité des relations de travail (CRT)

De vive voix 8.09

«Le père Noël m’a dit de ne pas lâcher, qu’il était de tout cœur avec nous! #négos2020 »

Oui, la lettre d’entente entre le CPNC et la FNEEQ fut signée (ajustements à la convention collective en temps de covid)

Pour y accéder :

État des lieux des ressources covid

Par Aude Lacasse et Judith Trudeau

«La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) apprécie la décision finale de la ministre McCann de dédier entièrement aux enseignantes et aux enseignants l’injection de 25 millions de dollars annoncée lors la mise à jour économique du gouvernement, en novembre dernier. L’annonce initiale suggérait un saupoudrage des investissements dans une multitude de mesures, ne laissant que des miettes pour alléger la tâche des profs de cégep à la session d’hiver. La mobilisation et la ténacité de la Fédération et de ses syndicats pour faire connaître la réalité des membres ne s’avèrent pas étrangères à ce retournement de situation.»[1]

Judith Trudeau
Aude Lacasse

En effet, les professeur.es du collégial sont sortis dans les médias cet automne. Que ce soit à travers un sondage sur la santé des professeur.es réalisé auprès de 2000 personnes que ce soit à travers une lettre signée par plus de 2000 enseignant.es, que ce soit à travers les représentations quotidiennes de nos représentants à la Fneeq (Yves de Repentigny et Caroline Quesnel) que ce soit encore par des manifestations devant les locaux de la ministre McCann, vraiment, malgré cette pandémie, nous avons été actifs. Et cela fut « payant ». La ministre de l’Éducation supérieure nous a entendus.


[1] Communiqué de la Fneeq-CSN, 10 décembre 2020.

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

Réflexion autour de la notion d’«éparpillement technopédagogique»

Par Denis Paquin

Après cette année de fou, mes dents grincent lorsque j’entends la notion d’«éparpillement technopédagogique», du moins, de la façon dont le Collège l’utilise.

Denis Paquin

J’ai enseigné à l’automne un cours de méthodes quantitatives appliquées aux Sciences humaines. Les étudiants devaient utiliser Colnet, Zoom, Moodle et Excel. Aucun «éparpillement technopédagogique». L’ensemble de ces outils sont d’ailleurs supportés par le Collège. Et pourtant! J’ai vécu les mêmes difficultés. Plantage de Colnet et de Moodle (en même temps ou à tour de rôle comme une course à relai…), ralentissement de ces plateformes, instabilité des connexions Internet… Il y a eu, en plus, des problèmes avec l’installation d’Excel sur l’ordinateur de plusieurs de mes étudiants (installation d’une version incomplète ou en anglais), sans oublier les différences entre les versions PC et Mac. Je n’ai pas eu, par contre, de zoombombing!

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

Fermeture du programme Techniques de bureautique : des femmes et des entreprises pénalisées

Collectif de signataires

| Publié le 11 décembre 2020

Les programmes techniques du réseau collégial contribuent largement à donner à des milliers de Québécoises et Québécois l’accès à des emplois de qualité en les qualifiant hautement et durablement. Les diplômés de Techniques de bureautique sont de ces personnes et leur rareté fait que les employeurs se les arrachent compte tenu du niveau de compétence qui les distingue.  

Dans un contexte où le taux de placement des finissants frôle les 100 %, il est étonnant et choquant de voir que le ministère de l’Enseignement supérieur (MES) songe à abolir ce programme. Pourtant, aucun argument probant n’a été invoqué pour soutenir une décision aussi radicale, d’autant plus que des solutions simples et porteuses peuvent être mises en œuvre. 

Un métier d’avenir En février 2018, le Palmarès des carrières plaçait le poste de « secrétaire de direction » au troisième rang de son Top 3 des professions les plus prometteuses pour les diplômés du collégial. Nous le constatons sans cesse, les employeurs perçoivent le niveau élevé de compétence de nos diplômés. 

Nous sommes d’ailleurs particulièrement préoccupés par une fermeture qui limiterait une vaste majorité de femmes sur le plan professionnel puisque 90 % de l’effectif étudiant est féminin. Les candidates potentielles n’auraient d’autre choix que de se tourner vers le diplôme d’études professionnelles (DEP) du secondaire, qui les limiterait tant sur le plan de l’avancement professionnel que sur celui du salaire. 

Des solutions simples pour briser un stéréotype

Il faut reconnaître que le terme « Bureautique » a pour plusieurs une résonance désuète qui explique en grande partie le nombre insuffisant d’inscriptions au programme par rapport aux postes disponibles. 

Oubliez pourtant l’image stéréotypée de la secrétaire exécutante qui vous vient en tête : les personnes détentrices d’un diplôme d’études collégiales (DEC) en Bureautique accomplissent des tâches administratives qui touchent tant la gestion que la communication ou la technologie et qui requièrent une grande autonomie de même qu’un jugement critique et éthique bien développé. 

Nous faisons valoir depuis plusieurs années la nécessité d’une mise à jour du titre du programme et de ses voies de spécialisation pour les rendre plus attrayants et plus représentatifs des perspectives de carrière qu’offre véritablement la formation : pourquoi le MES n’envisage-t-il pas cette solution d’une simplicité frappante? 

Il est de plus particulièrement choquant de voir que le Ministère songe à fermer un programme dont la pertinence demeure sans avoir cherché à le mettre à jour depuis 1999! 

Nous croyons qu’il faut revoir les compétences afin qu’elles reflètent davantage la complexité des savoirs acquis et le caractère distinctif des diplômés du DEC par rapport à celles d’autres formations. Nous n’avons pas attendu le MES pour adapter le contenu des cours afin que les connaissances soient toujours en harmonie avec les besoins des milieux de travail : ces différentes initiatives locales gagneraient à être mises en commun dans le cadre d’une révision nationale du programme à laquelle l’apport des enseignant.es serait concret. 

Nous souhaitons que le Ministère entende notre message et qu’il travaille avec nous à préserver un programme qui offre des emplois de qualité à une majorité de femmes. 

Les enseignantes et les enseignants de Techniques de bureautique des syndicats affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)

Infolettre de la FNEEQ

Liberté académique…Nous n’avons évidemment pas fait le tour de la question…Appel de textes pour le 15 février 2021.

Revisitons la proposition adoptée en conseil fédéral de la FNEEQ du 2-3-4 décembre 2020 (déjà soumise en ces pages dans le DVV 8.08)

  1. Qu’en vue du congrès du mois de juin, le comité École et société de la FNEEQ produise une réflexion sur la liberté académique qui inclura les enjeux du racisme et de la discrimination systémiques;
  2. Que ce travail se réalise en collaboration avec le comité interculturalité, discrimination et racisme systémiques au travail et en éducation, avec le comité femmes, avec le comité diversité sexuelle et pluralité des genres et le comité précarité, relève et vie syndicales;
  3. Que le rapport du comité École et société vise à alimenter la réflexion de la FNEEQ et de ses membres sur lesdites questions, à favoriser le dialogue entre le personnel enseignant et les étudiant-es notamment dans ses aspects pédagogiques, historiques, sociaux et juridiques. et à aider les syndicats membres dans leurs discussions et négociations avec les institutions d’enseignement.  
  4. Que les syndicats membres puissent faire parvenir au secrétariat général pour transmission aux comités impliqués des mémoires sur ces questions.    
Si nous lisons bien cette résolution (1), il s’agit d’enrichir la réflexion sur la liberté académique, celle-là même que nous voulons insérer dans notre prochaine convention collective. Déjà travaillée dans le cadre des lanceurs d’alerte et du fameux devoir de loyauté, c’est d’autres défis que les Verushka Lieutenant Duval et Catherine Russell ont dû affronter cet automne. Appartenir à l’enseignement supérieur suppose que nous ayons la lattitude pour enseigner respectueusement des contenus liés aux divers domaines du savoir, y compris en philosophie, en littérature, en arts et en sciences humaines. Le domaine des idées n’est pas le lieu obligatoire du consensus, c’est pourquoi une démocratie saine demande le débat.

Si nous lisons bien cette résolution (4), il y a une invitation aux syndicats FNEEQ de produire un mémoire pour alimenter le comité école et société en vue du congrès de juin. C’est donc un appel de textes que nous faisons afin de produire, dans un premier temps, un DVV spécial liberté académique prévu pour le mois de mars 2021.

À vos réflexions et à vos plumes!

Nos félicitations à Antoine Corriveau-Dussault

La santé des écosystèmes, un concept philosophique

Martine Letarte Collaboration spéciale12 décembre 2020, Le Devoir

Antoine Corriveau-Dussault

Antoine Corriveau-Dussault, professeur de philosophie au collège Lionel-Groulx, a reçu le prix Acfas Denise-Barbeau, remis à une chercheuse ou à un chercheur du réseau collégial pour souligner l’excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions.

La santé des écosystèmes sous un angle philosophique : voilà le grand thème de recherche qui intéresse Antoine Corriveau-Dussault, dont les travaux sont subventionnés par le Fonds de recherche du Québec Société et culture (FRQSC).

« En éthique de l’environnement, par exemple, je m’intéresse aux raisons pour lesquelles il est important de conserver les écosystèmes, mais aussi à ce que signifie conserver un écosystème, explique-t-il. Par exemple, est-ce que cela signifie préserver les espèces natives par opposition aux espèces non natives, ou préserver les services écosystémiques ? »

Aussi professeur associé au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, Antoine Corriveau-Dussault cherche donc notamment à préciser la définition du concept de santé de l’écosystème. « Je défends la conception qu’on ne pourrait pas s’en tenir à dire que, si une espèce est exotique, il faut l’éradiquer et que, si une espèce est native, il faut la préserver, explique-t-il. La décision devrait plutôt être basée sur le rôle de l’espèce dans l’écosystème. Une espèce non native pourrait s’y insérer harmonieusement et y jouer une fonction bénéfique qu’aucune autre espèce ne jouait auparavant, alors on voudrait la préserver. Mais si elle venait nuire à l’écosystème, alors il faudrait l’éradiquer. »

Le luxe de la recherche au collégial

Aujourd’hui, Antoine Corriveau-Dussault collabore entre autres avec des chercheurs qu’il a rencontrés lors de son stage postdoctoral à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques de la Sorbonne en 2016 et 2017. Son doctorat réalisé à l’Université de Montréal lui a aussi permis de créer des liens importants, notamment avec Ely Mermans, avec qui il codirige la publication du livre Penser la protection de l’environnement à partir de l’écologie. Débat historique et contemporain, qui sortira sous peu.

Le professeur, également membre du Centre de recherche en éthique, sait très bien cependant qu’il est un privilégié dans le milieu collégial. « La recherche ne fait pas partie de notre définition de tâche, alors pour avoir du temps pour en faire, il faut obtenir du financement qui nous permet d’obtenir une réduction de notre charge d’enseignement », note-t-il.

S’il a pu obtenir cette subvention du FRQSC, il affirme que c’est en majeure partie parce qu’il a eu la chance d’avoir sa permanence au cégep en seulement trois ans. « Ne plus être dans la course à la permanence m’a donné une grande liberté et j’ai pu obtenir des bourses et prendre des congés de l’enseignement sans être pénalisé, explique-t-il. Mon doctorat et mon postdoctorat ont vraiment été des tremplins extraordinaires. Je pense que plusieurs professeurs dans les cégeps feraient de la recherche s’ils avaient eu, comme moi, l’occasion d’obtenir un emploi permanent rapidement. »

Propositions de lecture

Stéphane Chalifour

Par Stéphane Chalifour, professeur en sociologie

  1. Nous allons former des analphabètes
  2. La liberté des enseignants est en danger
  3. «Cancel culture», «woke»: quand la gauche américaine devient folle :

Revisitons la session avec quelques photos mob…

À venir:

4 janvier avant 16 heures : Dépôt des notes dans Colnet

Repos mérité pour tout le monde! On se retrouve en janvier!

Joyeuses fêtes à vous tous et toutes!
Votre exécutif syndical
Photo : Judith Trudeau

De vive voix 8.08

Une drôle de session s’achève.
Photo: Judith Trudeau

Volet Négo

Grève…Commençons à y penser…

Lors du regroupement Cégep du 26 et 27 novembre dernier, nous avons traité du sujet de la grève comme moyen de pression dans une négociation. Un power point récapitulant les luttes passées fut proposé. Bon visionnement.

Le Collège Lionel-Groulx aura-t-il un CEC dans un avenir proche?

Par Aude Lacasse, présidente du SEECLG

Aude Lacasse

Dans le cadre d’une plénière réservée aux membres du conseil d’administration, le collège a annoncé vouloir évaluer la possibilité de répondre positivement à la demande des intervenants politiques de la MRC Deux-Montagnes qui demandent depuis plusieurs années qu’un centre d’étude collégiale soit implanté à Saint-Eustache.

La direction générale a avancé plusieurs arguments pour expliquer sa position, sans en faire une liste exhaustive, en voici quelques-uns :

  • Une hausse démographique dans la région des Basses-Laurentides et plus particulièrement dans celle de Deux-Montagnes.
  • Les besoins de cette région en main-d’œuvre qualifiée et la nécessité d’en faire la rétention.
  • L’augmentation de l’effectif étudiant dans la grande région de Montréal (Rive-Sud; Rive Nord et Montréal) qui est prévue dans les prochaines années (hausse de 25 000). Le MES se serait engagé à augmenter le devis de tous les cégeps de cette région selon les besoins.
  • Les difficultés du transport en commun dans l’axe est-ouest (A640) qui décourageraient certains étudiants de venir suivre leur formation collégiale à Lionel-Groulx au profit de cégeps situés à Laval ou Montréal.

Le Collège entend donc dans les prochains mois élaborer une ébauche du projet (nombre de places et programmes visés) et ensuite établir un processus de consultation au sein des instances de la communauté.

Évidemment, une telle annonce ne peut pas être passée sous silence. La création d’un CEC comporte plusieurs enjeux, enjeux qui touchent tout particulièrement les enseignantEs. Dans les dernières années, les CEC se sont multiplié et par le même fait les exemples de problèmes qu’ils soulèvent. Pour n’en nommer que quelques-uns : transfert du fardeau du transport de l’étudiant à l’enseignant, absence de services comparable à ceux qui existent dans un cégep (cafétéria, bibliothèque adaptée aux études supérieures, infrastructures sportives), enjeux liés aux listes de priorité, seuil de financement et coûts potentiels pour la masse salariale, etc.  À un tel point, que cela a fait l’objet de plusieurs heures de discussions au sein de notre regroupement à la FNEEQ/CSN et même d’une présentation de l’état de la situation lors d’une AG l’année dernière.

A posteriori, il semble que cela ne représentait que le début des échanges que nous devrons avoir à ce sujet au SEECLG. Une présentation plus détaillée vous sera faite lors de l’assemblée générale du 9 décembre.

En attendant, je vous invite à revisiter la présentation faite l’année dernière.

Aide-Mémoire (CEC)

Au regroupement Cégep du 6 et 7 février 2020, nous avons voté ces balises pour encadrer les futurs CEC, s’il y a lieu.

Que le regroupement cégep adopte les conditions préalables ou favorables à l’autorisation d’un nouveau centre d’études collégiales (CEC) :

  1. Production par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) d’une analyse de situation qui :

1.1 établit le profil actuel et prévisionnel des effectifs étudiants de la région visée tant au secondaire qu’au collégial;

 1.2 présente les mesures passées et actuelles afin de favoriser l’accessibilité aux études, notamment par rapport à la persévérance scolaire et au développement du transport en commun;

1.3 explicite les conséquences liées à l’avènement d’un nouvel établissement d’enseignement collégial dans la région visée;

1.4 démontre l’existence d’un ou plusieurs problèmes d’accessibilité aux études collégiales dans la région visée et propose une ou des solutions.

1.5 repose, entre autres, sur une consultation rigoureuse et transparente des différents acteurs de la région, incluant les enseignantes et les enseignants des collèges de la région visée.

2) Si une analyse complète et approfondie démontre :

2.1 que les prévisions d’effectif étudiant dépassent la capacité d’accueil et même d’agrandissement des cégeps avoisinants et que la carte des programmes offerts dans la région peut être bonifiée sans avoir d’effets négatifs;

2.2 que toutes les solutions pour favoriser l’accessibilité aux études collégiales autres qu’un CEC ont été mises en place et ont atteint leur limite respective;

2.3 que les avantages qu’apporterait un CEC sont nettement plus importants que les inconvénients, et ce, sur plusieurs plans;

2.4 que, en somme, un CEC répondrait réellement à un besoin; alors le MEES autorise le projet de CEC, qui aurait, dès son ouverture, un statut permanent et les ressources nécessaires.

 2.5 Que le regroupement cégep mandate ses représentantes et ses représentants pour défendre ces conditions nationalement et pour les faire connaître publiquement.

Volet, Liberté académique, suite.

L’écoute

Par Claire Dumouchel, professeure en psychologie

Chères et chers collègues,

Nous sommes loin d’avoir épuisé les enjeux reliés de près ou de loin à liberté d’académique. J’y ajoute mon grain de sel en vous partageant 2 ressources qui ont retenu mon attention :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1743124/concordia-apporche-differente-mot-n

https://ici.radio-canada.ca/tele/tout-le-monde-en-parle/site/segments/entrevue/206554/lepage-duval-controverse-professeure-universite

La première aborde l’approche éducative que l’Université Concordia a adoptée envers un cas similaire à celui qu’on connaît de l’Université d’Ottawa. La deuxième est l’émission de Tout le monde en parle du 25 octobre dernier. J’ai été agréablement surprise de voir que l’émission a laissé beaucoup de place aux invité.e.s pour s’exprimer (malgré quelques questions tendancieuses, car bon ça reste un spectacle).

Le point commun entre ces deux ressources est une faculté si chère à ma discipline qui a tant manqué à l’Université d’Ottawa : l’écoute. Écoutons (et je m’inclus). Écoutons Veruska Lieutenant-Duval qui dénonce avant tout les abus de l’Université et des réseaux sociaux (plus que l’idée plus large de liberté d’expression). Écoutons aussi les journalistes comme Vanessa Destinée, qui nous invite à séparer les enjeux de liberté académique du post-secondaire des autres contextes (par exemple : la politique, les média, etc.).

Je nous souhaite de nous écouter. Écoutons nos étudiant.e.s. Écoutons nos collègues. En limitant le plus possible les étiquettes, les a priori. Malgré la distance et l’absence de face à face, écoutons.

Liberté académique, suite du conseil fédéral du 2-3-4 décembre 2020

Précisions, par Judith Trudeau, VP et porte-parole à l’externe pour le SEECLG

Vous remarquerez, camarades, que la proposition laissée en flottement, suite à la dernière AG (28 octobre), et réagissant à chaud aux traitements envers Verushka Lieutenant-Duval à l’Université d’Ottawa n’est pas reprise à l’AG du 9 décembre prochain. Il faut dire que les membres présents au Conseil fédéral de la FNEEQ ont passé près de quatre heures à discuter de l’angle adéquat pour traiter des enjeux de la liberté académique et des discriminations systémiques.

Nous avons mandaté le comité école et société, Think tank de la FNEEQ, de nous fournir des outils pour nous aiguiller. Je vous soumets la proposition votée.

Prenons une pause, lors de cette assemblée générale, pour réfléchir adéquatement à ce que la société attend de nous, comme professeur.e.s, comme intellectuel.les, comme membres de cette société.

Résolution adoptée:

1) Qu’en vue du congrès du mois de juin, le comité École et société de la FNEEQ produise une réflexion sur la liberté académique qui inclura les enjeux du racisme et de la discrimination systémiques;  

2)     Que ce travail se réalise en collaboration avec le comité interculturalité, discrimination et racisme systémiques au travail et en éducation, avec le comité femmes, avec le comité diversité sexuelle et pluralité des genres et le comité précarité, relève et vie syndicales;    

3)     Que le rapport du comité École et société vise à alimenter la réflexion de la FNEEQ et de ses membres sur lesdites questions, à favoriser le dialogue entre le personnel enseignant et les étudiant-es notamment dans ses aspects pédagogiques, historiques, sociaux et juridiques et à aider les syndicats membres dans leurs discussions et négociations avec les institutions d’enseignement.    

4)  Que les syndicats membres puissent faire parvenir au secrétariat général pour transmission aux comités impliqués des mémoires sur ces questions.        

Renforcer le filet social : pétition

Propositions de lecture

Par Stéphane Chalifour, professeur de sociologie

1) Dérive autoritaire à l’Université d’Ottawa

Par Joseph Facal

«Qui n’a pas entendu parler de la suspension administrative de la chargée de cours de l’Université d’Ottawa ?

Oui, celle qui avait prononcé le mot « nègre » dans un but pédagogique et sans la moindre malice ?

Vous pensiez que la poussière retombait ? Au contraire, les affaires se corsent.

Les médias ne devraient pas s’en détourner. 

Les universités sont les laboratoires de la société de demain… pour le meilleur ou pour le pire.»

Pour lire la suite de cette suggestion de lecture : https://www.journaldemontreal.com/2020/11/28/derive-autoritaire-a-luniversite-dottawa

2) Les ressorts de la censure

Par Patrick Moreau

«Cette affaire de la liste de lectures proposée par François Legault, supprimée puis rétablie sur le site de l’Association des libraires du Québec est, une fois de plus, un symptôme évident du climat de censure dans lequel nous vivons désormais. Il a suffi que « quelques centaines de personnes » émettent des critiques à l’égard du premier ministre ou de ses choix pour que la direction de l’ALQ décide de retirer cette liste de son site, « pour essayer de calmer le jeu, pour faire une espèce de compromis ». Il est clair que si l’on ose ainsi censurer le premier ministre du Québec, nul n’est plus à l’abri de ces nouveaux disciples du père Sagehomme qui surveillent nos lectures, cultivent l’intolérance et nerêvent que de réduire au silence tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Cette affaire permet aussi d’éclairer les ressorts d’une censure à laquelle tous les défenseurs de la liberté d’expression doivent non seulement prêter attention, mais s’opposer fermement.

Pour poursuivre cette autre suggestion de lecture : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/591006/point-de-vue-les-ressorts-de-la-censure

À venir…

8 décembre : Comité des relations de travail

9 décembre : Assemblée générale (19h)

10 décembre : Commission des études

11 décembre : Regroupement Cégep

De vive voix 8.07

Vous avez raté.e.s la manifestation? Accédez à la vidéo suivante, un peu comme si vous y étiez!

Info négo

Mise à jour économique : et maintenant ?
 Le gouvernement envoie un mauvais signal aux enseignantes et aux enseignants, qui espéraient mieux respirer la session prochaine. Les 25 millions de dollars injectés dans les cégeps sont destinés à une longue liste de « mécanismes compensatoires » incluant le tutorat par les pairs, le soutien scolaire ainsi que l’achat de services et de matériel. Une portion indéterminée, mais nettement insuffisante de cette somme est destinée à l’embauche ponctuelle de personnel enseignant et au soutien psychologique des profs de cégep. L’exercice risque fort de se solder par un saupoudrage inefficace des ressources et une session d’hiver difficile. Nous devrons rester vigilants et nous assurer que dans tous les cégeps, dans tous les départements, chaque sou versé aille là où les besoins sont le plus pressants. Parallèlement, nous allons continuer de documenter les difficultés et de maintenir la pression sur le gouvernement afin de sortir de la crise unis et solidaires.

Plus préoccupant encore, le gouvernement n’accorde aucun soutien aux les personnes chargées de cours universitaires. Il n’y a pas d’investissement prévu pour ces enseignantes et enseignants à statut précaire et dont les conditions de travail se sont particulièrement détériorées au cours des derniers mois. Même les sommes accordées aux universités plus tôt dans l’année ne sont jamais apparues dans l’écran radar des chargées et chargés de cours. La déception est grande, mais peut devenir très mobilisante. Un nouveau plan d’action est en cours de préparation par le comité de mobilisation nationale et sera présenté lors de la prochaine réunion du regroupement université, dans deux semaines. D’ici là, signifions notre désaccord en signant et partageant la pétition : https://www.change.org/universitaires.

La Fédération va poursuivre ses représentations auprès du MES. Le gouvernement doit accorder des ressources supplémentaires dédiées exclusivement au personnel enseignant de manière à alléger la tâche de ce dernier durant cette période inédite. Les conditions d’apprentissage sont étroitement liées aux conditions d’enseignement. Le message ne semble pas encore bien compris; nous allons inlassablement le répéter.
Le comité exécutif de la FNEEQ

https://secteurpublic.quebec/2020/11/13/info-nego-no-13-le-gouv-doit/

Volet liberté d’expression

Voici la résolution adoptée à l’unanimité lors de la Commission des études du 19 novembre dernier :

Liberté académique, liberté d’expression :
le dialogue au coeur de l’humanisme

« La raison, le jugement viennent lentement, les préjugés accourent en foule. » Jean-Jacques Rousseau

Issue de combats menés contre la tyrannie, le despotisme et l’arbitraire, la liberté d’expression a été gravée jusque dans plusieurs textes fondateurs de nos démocraties dont la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Si elle a été portée si haut, c’est qu’elle a été considérée comme un pilier de nos sociétés. La liberté d’expression a été encadrée pour demeurer cohérente avec les autres principes de respect du vivre-ensemble.

Les réactions récentes très vives viennent remettre en question ce que nous pensions partager. La société contemporaine est hétérogène et complexe, elle est plurielle dans ses cultures, ses croyances religieuses, ses opinions politiques, ses coutumes et habitudes, ses visions du monde et dans ses genres. Un discours autrefois prononcé dans un contexte très différent est-il encore valable ? Dans quelle mesure ?

Dans la Grèce antique, l’agora permettait que se croisent librement les individus de toutes opinions. Dans la société contemporaine comme dans les institutions d’enseignement, l’échange permet la diversité qui est à l’origine de l’émergence du dialogue. L’enseignement supérieur a besoin de la liberté d’expression et de la liberté académique pour mener à bien son œuvre éducative. Elles permettent de préparer les étudiantes et les étudiants à s’intégrer avec confiance à la société et de participer de manière éclairée à son évolution et à son développement.

Le dialogue comme source de vitalité

À l’enseignement supérieur, les professeurs ont pour mission de développer la capacité d’analyse, le jugement critique, l’ouverture aux autres et l’acceptation des différences chez les personnes auxquelles ils s’adressent. Toute la communauté de notre Collège possède à la fois la compétence et la volonté requises pour permettre cela.

Le foisonnement des idées n’est pas uniquement le fruit des contextes culturels et sociaux différents, il trouve ses origines dans l’expression des individualités, de la singularité des personnes. C’est cette diversité qui est la source de tout débat, de toute discussion, et ouvre la porte au dialogue. La capacité à débattre témoigne de la santé de nos systèmes et de la vitalité de notre lien.

L’apprentissage ne saurait s’incarner chez une personne sans ce moment d’interrogation, sans un processus de fracturation des certitudes et cela se produit par l’expression de paroles ou de signes divergents, dissidents. Le futur équilibre dans les schémas de connaissance intégrera alors l’échange qui vient d’avoir lieu.

Évoluer collectivement

La liberté d’expression ne dispense pas de l’obligation d’apprécier chaque situation en faisant preuve de jugement. Cela implique d’accepter l’imperfection de cette prise de risque, d’évaluer les échanges et les réactions, de s’ajuster quand les conditions l’exigent, de ne pas s’enfermer dans des postures figées et de se pencher collectivement sur la forme et sur le fond. Le seul moyen d’y parvenir est de continuer le dialogue, de susciter une forme de synthèse et d’évoluer ensemble dans ce climat de confiance.

L’enseignement et la recherche sont menés avec bienveillance, en conformité avec les normes éthiques et professionnelles, pour apporter des réponses aux problèmes auxquels la société est confrontée et pour contribuer au patrimoine historique et culturel de l’humanité.

Pour préserver et améliorer les fruits que la liberté d’expression et la liberté académique procurent à la collectivité, misons ensemble sur le respect, le bon jugement, l’humilité, l’ouverture aux autres et la bienveillance; l’histoire nous en sera reconnaissante.

Michel Louis Beauchamp                              Philippe Nasr
Directeur général                                          Directeur des études

Voici ce dont nous discuterons lors du conseil fédéral du 2-3-4 décembre prochain:

Il faut parler de la Critical Race Theory

Par Rémi Vachon, professeur en philosophie

À mon sens, ce qui est arrivé à Mme Lieutenant-Duval n’a rien d’une dérive. Au contraire, les étudiants militants de l’Université d’Ottawa sont parfaitement cohérents avec la Théorie critique de la race (trad. de l’anglais Critical Race Theory), l’idéologie derrière les actions de ces militants antiracistes qu’on qualifie de « woke ».

Mon objectif est d’expliquer en quoi la TCR est incompatible avec l’existence d’un débat d’idée ouvert et rationnel, principalement parce qu’elle ne respecte pas le principe de charité ainsi que le désaccord raisonnable.

Pour le démontrer, je vais référer aux idées de Robin Diangelo, autrice du livre Fragilité Blanche, de plusieurs manuels sur la justice sociale, conférencière et animatrice d’ateliers antiracistes en entreprise. Elle est sans équivoque une des figures de proue de la TCR en ce moment.

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

En regardant notre collègue Violaine Cousineau, quel est le prix de plus de cours en présence au collège cet hiver? Est-ce une bonne idée? Et la santé mentale des uns et des autres? Difficile de trouver l’équilibre souhaité. En tout cas, courage camarade.

https://www.tvanouvelles.ca/2020/11/20/avec-de-graves-sequelles-elle-appelle-a-la-prudence-1?fbclid=IwAR1QymsXO9qJBAs99LjY0n3TEAgsEkDHaHvrSXMdu4dfVb3dW1aOFXTnZDs

Quelques photos prises ici et là…

À venir…

24 novembre : Conseil d’administration

26-27 novembre : Regroupement Cégep

2-3-4: Conseil fédéral de la FNEEQ

De vive voix 8.06 LIBERTÉ D’EXPRESSION, Covid, négos : conditions de travail.

«Un regroupement, c’est comme un voyage sur Mars! Faut revenir sur Terre après…»

Denis Paquin

Un regroupement qui démarre en force…Par une minute de silence…

Texte lu par le camarade de André-Laurendeau, Jean-François Lessard

Hommage à Samuel Paty

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Samuel Paty

«Vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie au collège Bois d’Aulne, a été décapité. Il s’agit d’un acte terroriste islamique.

À Conflans, des élèves et des parents se souviennent d’un professeur exceptionnel. Un professeur soucieux du collectif, se rappellent d’anciens collègues.

Samuel Paty était en charge de l’enseignement moral et civique, avec des cours portant sur la liberté d’expression. Dans le cadre de ce cours, il a été appelé, entre autres, à montrer deux caricatures du prophète Mahomet, des caricatures parues il y a quelques années, dans le journal satirique français Charlie Hebdo et republiées récemment. Il prenait même la peine d’annoncer à l’avance ce qu’il était pour montrer en classe afin d’inviter les étudiants, à qui cela pourrait déplaire, à détourner le regard ou à sortir de la classe.

C’est ce qui lui a valu une peine de mort, soit d’avoir sa tête découpée du reste de son corps à coups de hachoir de boucher par un individu ayant décidé d’appliquer lui-même sa version de la justice divine.

Nous prenons aujourd’hui un moment pour nous rappeler la mémoire de Samuel Paty et aussi pour méditer – de manière trop brève – sur les nouveaux dangers auxquels font face de plus en plus d’enseignants.

L’évènement abominable du 16 octobre nous rappelle à quel point la liberté d’expression et de pensée sont de plus en plus remise en question à l’intérieur même de nos sociétés dites libérales, démocratiques et pluralistes. Le droit à ne pas être offensés semble désormais être érigé en prima absolu, aussi irréfléchi ce pseudo-droit est-il et aussi funestes les conséquences qu’entrainent ce droit de censure.

Avec l’assassinat de Samuel Paty, c’est toute la grande et longue tradition humaniste de l’éducation que l’on remet en question, que l’on tente d’atteindre pour la réduire au silence.

Cet esprit humaniste, rappelons-le, consiste à mettre l’homme au cœur des préoccupations, à lui permettre de réfléchir sur son passé, sur sa situation présente et aussi sur son devenir. Pour réfléchir ainsi, il faut inéluctablement faire montre d’un esprit critique, d’une capacité de remise en question, d’accepter le débat d’idées et le questionnement des discours dominants son époque, qu’ils soient idéologiques, religieux ou culturels.

Tout comme il est possible de remettre en question l’héritage du christianisme ou de se moquer du Christ des chrétiens ou de prononcer le nom du dieu des juifs, malgré l’interdit, YHWH, il est nécessaire que des enseignants puissent discuter, critiquer et remettre en question les dogmes de la troisième religion monothéiste.

A person holds a placard reading ‘Bleeding (a French play on words with the word Teachers and the French word for ‘Bleeding)’ near the entrance of a middle school in Conflans-Sainte-Honorine, 30kms northwest of Paris, on October 17, 2020, after a teacher was decapitated by an attacker who has been shot dead by policemen. The man suspected of beheading on October 16 ,2020 a French teacher who had shown his students cartoons of the prophet Mohammed was an 18-year-old born in Moscow and originating from Russia’s southern region of Chechnya, a judicial source said on October 17. Five more people have been detained over the murder on October 16 ,2020 outside Paris, including the parents of a child at the school where the teacher was working, bringing to nine the total number currently under arrest, said the source, who asked not to be named. The attack happened at around 5 pm (1500 GMT) near a school in Conflans-Sainte-Honorine, a western suburb of the French capital. The man who was decapitated was a history teacher who had recently shown caricatures of the Prophet Mohammed in class. / AFP / Bertrand GUAY

Il est des professions qui relèvent d’une mission sociale : infirmière, médecin, préposé aux bénéficiaires, chercheur en recherche fondamentale, travailleur social. À cette liste, on peut très certainement y ajouter les enseignantes et les enseignants. Notre profession ne consiste pas à d’abord produire de la richesse, notre mission relève d’une responsabilité sociale fondamentale pour plusieurs d’entre nous, soit de cultiver l’esprit critique chez nos étudiants, développer leur capacité à remettre en question les présupposés de notre époque. C’est parce que nous avons à cœur notre mission humaniste que nous tenons à dénoncer fermement ce crime odieux.

Que le meurtre de Samuel Paty serve de rappel sévère à chacun d’entre nous : nous ne pouvons pas tenir pour acquise notre liberté d’expression, mais nous nous battrons de manière résolue pour la défendre.

***

1 minute de silence

Sur le thème de la liberté d’expression…

Dans les pages de La Presse, le 30 octobre dernier, sous la plume de Fabrice Vil,…paraissait ce paragraphe diffamant pour l’un des nôtres…

(…)

«J’ai aussi été informé du cas de Stéphane Chalifour, professeur de sociologie au Collège Lionel-Groulx. Sur un forum en ligne du Collège, un débat fut lancé dans les derniers jours sur l’utilisation du mot commençant par N par Lowensky Junior Louis, un élève du Collège. M. Louis, un élève noir, tentait de faire valoir son point de vue sur l’impact négatif du mot commençant par N. Or, ses publications sur la plateforme ont été effacées, et s’en sont suivis des commentaires de M. Chalifour relayant des articles. M. Chalifour écrit : « [p]our instruire quelques inquisiteurs et coupeurs de tête » en lien avec un article, puis « [i]l s’agit d’un Nègre qui parle de l’histoire de ce mot » au sujet d’un autre article. Est-ce acceptable venant d’un professeur ?» (…)

Pour lire le texte en entier : https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-10-31/le-film-d-horreur.php

IL N’Y AURA PAS D’EXCUSES

Par Stéphane Chalifour, professeur de sociologie

Stéphane Chalifour

Nous avons été nombreux et nombreuses à signer la lettre d’appui à la professeure de l’université d’Ottawa, Verushka Lieutenant-Duval. Lancée par une de nos collègues, cette pétition est devenue à son tour objet de controverse. Relayant les propos du recteur Frémont[1], des chroniqueurs y ont même vu la preuve du biais raciste des signataires dont la vaste majorité a le malheur d’être blanche[2]. Dans ce contexte surréaliste, il fallait peut-être s’attendre, que le débat finisse par faire des vagues même au sein de notre petite communauté habituée au confort douillet de la banlieue à la fois proche géographiquement de la grande ville et pourtant si loin de ses clivages et des tensions qui la traversent.

Les faits

Comme toutes les vagues, celle-ci envahit l’espace public et cherche à s’infiltrer dans les interstices des réseaux sociaux, des différents médias, des institutions et de leurs appareils. Fierté de notre collège, l’application C.lionel est ainsi devenue une tribune propice au lynchage de professeurs.e.s et aux accusations sans fondement. Manifestement animé par les convictions qui mobilisent aujourd’hui nombre de «militants antiracistes», un étudiant du collègue publiait, la semaine dernière, un «post» laissant croire que du simple fait qu’ils sont blancs, les signataires de la lettre se rendaient complices de racisme. Il est minuit le dimanche 25 octobre dernier lorsque mon épouse me signale la chose. Je venais d’entendre quelques heures plus tôt des entrevues avec des historiens noirs sur les usages du mot «en N», dont celle particulièrement éclairante de Dany Laferrière. Peu friand des Facebook, Tik Toc, et autres instagram, je ne m’étais jamais branché sur C.lionel avant ce soir-là. La suite m’aura rapidement convaincu de l’extraordinaire puissance des réseaux sociaux et de leur potentiel mobilisateur certes, mais aussi destructeur.

Pour lire le texte dans son entiereté :

De la liberté académique et du choc des cultures

Par Patrice Roy, professeur d’informatique.

Note : ce texte fut écrit vendredi le 6 novembre 2020.

J’ai vécu la crise de la liberté académique de plein fouet aujourd’hui, en partie dû à ma maladresse.

-=-=-

Je bavarde chaque deux semaines ou à peu près, une heure ou un peu moins chaque fois, avec quelques amies et quelques amis que je croise normalement lors d’événements internationaux, et que je ne croise manifestement pas depuis la fermeture des frontières mars dernier. Ce sont des gens intelligents, que j’apprécie, et avec qui j’échange sur des sujets techniques et humains.

Ce matin, le sujet le plus « chaud » était les élections américaines, dont le résultat était alors toujours en suspens, de même que le socialisme utilisé au sud de notre frontière comme épouvantail; il faut comprendre que ce groupe de copines et de copains comprend, en plus de moi-même (du Canada pour elles et eux, mais plus particulièrement du Québec aujourd’hui), une amie de Norvège, un ami d’Islande qui travaille en Suède, deux américains (dont l’un des deux était absent) et une amie de République Tchèque. Le socialisme comme menace en faisait sourire plusieurs.

Pour poursuivre la lecture de ce texte :

Volet négo

Volet Mobilisation Covid-Négo

Vous avez été nombreux à Lionel-Groulx à signer le texte collectif paru dans le Devoir, jeudi le 29 octobre dernier, texte qui demandait 20% d’allégement de la tâche pour l’hiver. Je vous re-soumets le texte ainsi que le fichier des 2000 premiers signataires. Vous verrez, de lire les signatures des camarades de partout au Québec a quelque chose à la fois d’inquiétant, mais aussi de réconfortant. Nous ne sommes pas seuls à y croire.

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/588678/il-est-temps-de-reconnaitre-le-travail-des-professeur-e-s-au-collegial

Prochaine action : Récits de profs

Je vous propose la lecture des 15 premiers récits de professeur.e.s (Je les recueille toujours en vue de l’action du 13 novembre, devant le bureau d’Éric Girard, député de Groulx et ministre des finances du Québec.)

Je voudrais dédier ces récits à Michel Louis Beauchamp, Directeur général du collège, à Philippe Nasr, Directeur des études et à Danielle Coallier, Directrice des relations humaines.

Bonne lecture :

Quelques photos de la manifestation de ZOOMbies, le vendredi 30 octobre dernier

Aux syndicats du secteur public de la CSN et à leurs membres 

Camarades,  

Vous trouverez plus bas toute l’information et le lien pour participer à un grand rassemblement virtuel sur la mobilisation pour la négociation du secteur public. Nous vous invitons à transférer cette invitation par courriel à tous vos membres. L’événement est ouvert à toutes et à tous, mais, en raison du nombre de places limité, nous invitons d’abord les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN. 

Nous vous demandons de procéder exclusivement par courriel pour la première vague d’invitations. Nous lancerons des invitations Facebook à compter du mercredi 4 novembre s’il reste des places disponibles.  

Encouragez vos membres à participer en grand nombre. Il s’agit du plus grand rassemblement virtuel du secteur public de la CSN à ce jour, un événement à ne pas manquer.  

Titre :  

Grand rassemblement virtuel sur la mobilisation pour la négociation 2020 du secteur public 

Secteur public CSN 

Lieu, date et heure :  

Le mardi 10 novembre 2020, sur Zoom, de 19 h à 21 h 
Le lien pour l’inscription se trouve après la description de l’événement. 

Description :  

Dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leurs conventions collectives, les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN sont invités à participer à un grand rassemblement virtuel sur la mobilisation.  

Animé par Frédéric Bastien Forrest, le rassemblement permettra aux militantes et aux militants d’échanger avec deux personnalités ayant une grande expérience de luttes sociales. Impliqués depuis plusieurs années dans d’importantes mobilisations autour d’enjeux sociaux en ébullition, Camille Robert et Will Prosper aborderont la nécessité d’avoir recours à l’action collective et tous les défis s’y rattachant.  

L’activité ne sera pas qu’une conférence classique; elle sera indubitablement interactive. Plusieurs périodes d’échanges sont prévues avec les participantes et les participants à l’aide d’outils numériques simples et faciles à utiliser. 

Bien qu’elle s’adresse principalement aux membres du secteur public de la CSN, l’activité est ouverte à toutes et à tous. Elle se déroulera sur la plateforme Zoom, le mardi 10 novembre 2020, de 19 h à 21 h. Puisque des outils sont mis en place pour interagir avec les participants, les places sont limitées et les inscriptions sont obligatoires. Veuillez donc vous assurer de votre disponibilité avant de vous y inscrire.  

Finalement, notez qu’il s’agit d’un rassemblement connecté : une connexion Internet adéquate est nécessaire pour y participer et une tablette ou un ordinateur sont à privilégier pour faciliter les interactions.  

Inscription :  

Vous pouvez vous inscrire dès maintenant en cliquant sur ce lien : https://zoom.us/webinar/register/9516040719204/WN_XgPXGyImRiqT7T87ATCWKQ

Invité-es :  

Camille Robert : doctorante et chargée de cours en histoire à l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur l’histoire des femmes, du féminisme, du travail, du syndicalisme et des services publics au Québec. Elle a également milité dans différents milieux, dont le mouvement étudiant.  

https://www.camille-robert.info/

Will Prosper : réalisateur, travailleur social, chroniqueur, militant antiraciste des droits civiques et antiraciste québécois, confondateur de Républik Montréal-Nord et de Hoodstock.

Animation :  

Frédéric Bastien Forrest : communicateur, chroniqueur à l’émission Pénélope d’ICI Première, spécialiste en créativité numérique, Youtubeur et influenceur, il est un animateur passionné et expérimenté, notamment sur le Web. 

Avec la participation de : 

Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux 

Caroline Senneville, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux et responsable politique de la négociation du secteur public 

Solidarité.

L’équipe du secteur public CSN

infoCCSPP@csn.qc.ca

Cette semaine…

Mardi le 10 novembre : soirée webinaire sur la négo

12 novembre : Commission des études (étude pour adoption du cadre de l’enseignement pour l’hiver, en mode hybride)

13 novembre : Manifestation à relais devant le bureau d’Éric Girard, lecture de récits de profs, 204, boulevard du Curé-Labelle, Sainte-Thérèse. (10h à 13h)

14 novembre : manifestation nationale du CCSPP à Montréal et régionale (dans les Laurentides, c’est le 13 que ça se passe!)

DE VIVE VOIX 8.05

5 octobre, journée mondiale des enseignantEs, Doris Léonard, professeure de mathématique.

PRÉCAIRES, N’OUBLIEZ PAS DE REMPLIR LE FORMULAIRE A, DATE LIMITE 31 OCTOBRE

Demande de report des révisions de programme en Science de la nature et de Sciences humaines

Voici la résolution que nous avons votée au dernier regroupement Cégep les 8 et 9 octobre dernier sur le report des travaux:

Que le regroupement cégep demande le report des travaux de révision du programme de
Sciences de la nature à une date à déterminer selon l’évolution de la pandémie COVID-19.


Que le regroupement cégep demande le report des travaux de révision du programme de
Sciences humaines à une date à déterminer selon l’évolution de la pandémie COVID-19»

Sur ce sujet, voici la lettre envoyée à Marie-Josée Larocque représentante au ministère :

Volet Négo

Cliquez sur le vidéo-mob pour avoir toutes les informations

VIDÉO-MOB!!!!!

Voici la signature électronique que vous pouvez utiliser en temps de négo :

«Dès aujourd’hui, et ce tous les jeudis, portons fièrement le chandail de la négo. Montrons au gouvernement que nous soutenons massivement nos revendications pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.Nous vous invitons à vous prendre en photo 📸📱🤳 avec le chandail de la négo, que vous soyez sur le terrain ou en télétravail, à diffuser ces photos sur vos plateformes avec le mot-clic #négo2020 et à les ajouter en commentaire sous cette publication. 👇 Solidarité! ✊✊✊»

Volet Covid

Résolution adoptée au regroupement Cégep des 8 et 9 octobre 2020

9. Enseignement en mode COVID-19

9.1. État de la situation et actions entreprisesQue le regroupement cégep exige que le MEES reconnaisse la surtâche engendrée par la crise actuelle, laquelle se traduit notamment par l’adaptation des cours nécessaire à l’enseignement à distance et hybride ainsi que par les besoins extraordinaires desétudiant.es en termes d’encadrement.

Que le regroupement cégep exige que le MEES alloue, à temps pour la confection des tâches de la session d’hiver 2021, des ressources enseignantes supplémentaires dans l’annexe E102 et dans les budgets de la formation continue, et que ces ressources soientdestinées à alléger la tâche des professeur.es et des chargé.es de cours de façon à équivaloir à une libération de 20 % pour toutes et tous.

Qu’est-ce qui nous a mené à faire une telle résolution? Entre autre, le sondage qui témoigne qu’un nombre important de professeurEs sont en détresse psychologique.

Pour accéder à la présentation «power point» des faits saillants de ce sondage :

Voici un communiqué de la FNEEQ-CSN

Enseignement au collégial en temps de COVID : « On fonce tout droit dans un mur! »« Si rien n’est fait pour améliorer les conditions dans lesquelles travaillent les profs de cégep durant la pandémie de COVID-19, on fonce tout droit dans un mur! » C’est ainsi que réagit Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), aux résultats d’un sondage mené à l’initiative de plusieurs syndicats affiliés à cette dernière auprès de plus de 2 400 enseignantes et enseignants (https://tinyurl.com/yxdgu6kj). Il s’agit d’un échantillon d’une taille impressionnante puisqu’il constitue environ 16 % de l’effectif total que la Fédération représente dans les collèges publics. Cela traduit la préoccupation majeure de ce dernier pour un ajout de ressources à l’enseignement de toute urgence.Ce sondage révèle que la tâche du personnel enseignant du réseau collégial s’est considérablement alourdie. Par exemple, un pourcentage important des répondant-es estiment que la préparation des cours (93 %), l’encadrement des étudiantes et des étudiants (83 %), la préparation des stages (74 %) et la correction (69 %) leur prennent plus de temps, passant dans certains cas du simple au double. Le questionnaire révèle aussi qu’en conséquence, une forte majorité d’enseignantes et d’enseignants se disent notamment incapables de réaliser à leur entière satisfaction les activités particulières d’encadrement (80 %), l’adaptation des cours en fonction des groupes (76 %) et l’encadrement au quotidien des étudiantes et des étudiants (73 %). La crise actuelle crée sans équivoque une véritable « surtâche »; le ministère de l’Enseignement supérieur (MES) doit impérativement le reconnaître et agir concrètement pour que cela se traduise dans la réalité du corps professoral. Plus alarmant encore, d’après les réponses à une question destinée à évaluer la santé psychologique, 22 % des personnes ayant participé à l’enquête se sont classées à un niveau élevé de détresse dans une échelle appelée Kessler-6 ou K6 (https://tinyurl.com/y5bsqh6b). « Le Ministère doit injecter des ressources dans l’enseignement le plus tôt possible, particulièrement pour réduire la taille des groupes; autrement, des gens y laisseront leur santé. Les profs s’impatientent. Peut-on leur envoyer un signal clair qu’on leur permettra de mieux respirer la session prochaine? », demande Yves de Repentigny. « Le gouvernement doit investir des sommes substantielles pour faire une réelle différence dans le travail de celles et de ceux qui se dévouent afin d’assurer la persévérance et la réussite de toutes les populations étudiantes en dépit de la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons », conclut-il.

LETTRE OUVERTE (À SIGNER SI VOUS ÊTES D’ACCORD!)

Il est temps de reconnaître le travail des professeur.es au collégial 

Texte collectif

Monsieur François Legault, premier ministre du Québec 

Madame Danielle MCann, ministre de l’Enseignement supérieur 

Le 16 mars dernier, les professeur.es du collégial ont dû cesser leurs prestations en classe pour faire face à la pandémie. Un arrêt de deux semaines pour réorganiser leur matière afin de la traduire autrement ; en ligne pour la plupart des cours. Nous avons fini la session comme nous avons pu, en ayant, par ailleurs, le sentiment du devoir accompli. Nous sommes des profs, et malgré ce contexte inédit, nous le serons au meilleur de nos capacités afin d’accompagner la génération montante dans cette crise sans précédent. Vous n’êtes pas sans savoir que le téléenseignement pose un débat sérieux au sein de nos rangs. Mieux l’encadrer dans des circonstances ordinaires fait d’ailleurs partie de nos revendications dans la présente négociation pour le renouvellement de notre convention collective. 

La session d’automne a débuté, pour la plupart des collèges, en mode hybride, c’est-à-dire que certains cours sont dispensés en classe (laboratoires, cours avec équipements spécialisés, cours de première session au collégial[1], etc. alors que d’autres sont donnés en ligne, encore. Un plan de leçon, un cours à distance dans une plage horaire circonscrite, des activités d’apprentissage, des lectures à faire en devoir, des travaux, des discussions, des échanges, des encouragements : la relation pédagogique et la confiance mutuelle demandent du temps. L’enseignement en mode non présentiel nous prive de nos repères. Si l’urgence de l’hiver nous a forcés à tourner certains coins ronds, nous devons maintenant rattraper ce qui a été pelleté en avant. Pédagogiquement, nous sommes plutôt en apprentissage, en essais et erreurs et à tâtonnements, si bien que bon nombre de collègues ont le sentiment, en cette mi-session, d’être aussi épuisé.es que lors d’une fin de session.  

La COVID éprouve ses travailleuses et travailleurs. Des syndicats de cégep ont tenté de chiffrer cette fatigue en réalisant un sondage. En effet, effectué entre le 21 septembre et le 12 octobre dernier, ce sondage, auquel ont répondu plus de 2400 professeur.es. du collégial sur une base volontaire, révèle des chiffres des plus inquiétants. 

Ainsi, on y apprend sans surprise que certaines parties de la tâche enseignante demandent un supplément de temps important comparativement à nos conditions de travail normales, souvent du simple au double, voire au triple. Il s’agit prioritairement de l’adaptation des cours (d’un mode en présence à un mode à distance et selon les consignes de la santé publique en constante évolution), de la préparation des cours, de l’encadrement des étudiant.es (réponse aux nombreux courriels, temps pour réexpliquer la matière enseignée à distance, aide à l’organisation des étudiant.es…), de l’évaluation des connaissances et des compétences (en tentant de transmettre la valeur de l’intégrité aux étudiant.es. et, parallèlement, en multipliant les évaluations pour contrer la tricherie et le plagiat), de la correction en ligne qui peut prendre de 2 à 10[2] fois plus de temps selon les disciplines, et de la gestion des stages (trouver de nouveaux lieux de stage en temps de COVID, accompagner les étudiant.es, etc.) 

Même en s’investissant corps et âme, en se perfectionnant «sur le tas» pour livrer un savoir dans ce contexte, bon nombre de professeur.es témoignent d’une insatisfaction envers leur propre prestation de travail. Cette insatisfaction est une des variables explicatives de près de 1 professeur sur deux qui a répondu au sondage et qui présente un niveau modéré à élevé de détresse dans l’échelle Kessler-6, échelle pour mesurer la détresse psychologique. (22% des répondants témoignent d’un niveau élevé de détresse psychologique.) 

Ce que nous demandons n’est pas une indemnisation financière. Nous demandons simplement du temps. Le temps de préparer convenablement nos cours, d’encadrer adéquatement nos étudiants, de les accompagner, le temps d’évaluer équitablement les travaux et les examens… le temps de souffler.

Ainsi, nous demandons l’équivalent d’une réduction de 20% de notre charge de travail pour l’hiver 2021 afin de compenser une partie de la surtâche occasionnée par la pandémie et l’enseignement en mode hybride. Cette réduction pourrait se traduire par une réduction de la taille des groupes, par plus de ressources pour coordonner les départements et les programmes ou encore par une augmentation du nombre de professeur.es, ceci pour mieux encadrer, mieux outiller, mieux accompagner nos étudiant.es et pour donner de l’air à l’ensemble des profs de cégep qui, depuis le début de la pandémie, soutiennent à bout de bras, de leur mieux, la génération montante d’étudiant.es présentement aux études collégiales.

Nous croyons que nos étudiant.es ont droit à un enseignement de qualité. Si les circonstances sanitaires commandent un enseignement hybride ou en ligne, nous avons le devoir de leur offrir des cours adaptés à cette réalité et un encadrement individuel adéquat et suffisant.  

Les conditions de travail des professeur.es déterminent en grande partie les conditions d’études des étudiant.es. Si le gouvernement est sérieux lorsqu’il affirme que l’éducation est sa priorité, il est temps qu’il passe de la parole aux actes.


[1] Cette préoccupation, si importante soit-elle, n’a pas pu se concrétiser dans tous les établissements.

[2] Commentaire d’un professeur en informatique.

POUR SIGNER, AJOUTEZ VOTRE NOM EN CLIQUANT SUR LE LIEN SUIVANT :

IL EST TEMPS DE RECONNAÎTRE LE TRAVAIL DES PROFESSEUR.ES AU COLLÉGIAL

Entendu à l’ACCDP…

Un appel de la professeure de soins Isabelle Laporte

«Besoin urgent de comédiens adultes pour faire des simulations pour les étudiantEs en soins infirmiers»

Pour plus d’informations : Isabelle.Laporte@clg.qc.ca

Hélène Jacques, professeure de littérature au collège

Par Chritian Saint-Pierre, le Devoir, 16 octobre 2020

« Dégager les lignes de force et les orientations esthétiques des compagnies et des artistes, en mettant en relief les démarches qui se démarquent par leur singularité et leur pertinence au sein du champ théâtral québécois. » Voilà l’objectif qui a conduit à la publication cet automne d’un ouvrage ambitieux, Le théâtre contemporain au Québec 1945-2015, véritable somme dirigée par Gilbert David, professeur associé au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. Élaboré en collaboration avec Hervé Guay, Hélène Jacques et Yves Jubinville, ayant nécessité des années de travail et bénéficié des lumières d’une vingtaine de spécialistes, le livre de 640 pages voit ironiquement le jour au moment où l’activité théâtrale est pour ainsi dire suspendue.

Sur la crise que nous traversons,Hélène Jacques, professeure au Département de français du collège Lionel-Groulx, pose un regard historique : « La période actuelle peut apparaître comme une variation sur un thème bien connu dans l’histoire du théâtre québécois. Dans les années suivant la Grande Guerre, par exemple, alors que les compagnies étrangères interrompaient leurs tournées, s’est imposée une nouvelle générationde troupes professionnelles qui, bien qu’éphémères, donnèrent une impulsion à une activité nationale régulière. Aujourd’hui, les risques de déstructuration du milieu sont importants, mais avec le soutien de l’État, la majorité des organismes vont sans doute pouvoir survivre. »

Pour lire l’article :

Regards rétrospectifs sur le théâtre d’ici

Enseigner dans le champ miné de l’arbitraire

Par Murielle Chapuis et Mathieu Gauthier (texte paru dans Le Devoir, 20 octobre 2020 et signé par 600 professeur.es)

En condamnant publiquement et de façon unilatérale l’utilisation en classe du mot « nègre » par une enseignante de la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa, et en suspendant celle-ci, non seulement le doyen Kevin Kee s’est attaqué à la liberté d’enseignement des professeurs des études supérieures sur son campus, mais il a aussi abusé d’un pouvoir de coercition qui va dans le sens contraire du savoir et de la diffusion des connaissances.

Pour lire l’article : Enseigner dans le champ miné de l’arbitraire

Ceux et celles que nous n’avions pas vu lors du dernier DVV.

À venir…

Ag ce mercredi à partir de midi!

DE VIVE VOIX 8.04 (Express)

Photo prise le 29 septembre 2020.

Récapitulatif

Par Judith Trudeau

Judith Trudeau

Beaucoup de choses se sont passées cette semaine. Le temps manque un peu pour en faire des synthèses adéquates.

  1. En vrac : Un sous-groupe de la Fneeq, mais princiaplement le travail de Héloïse Moysan-Lapointe du Cégep de St-Jean sur le Richelieu, nous propose un sondage pour tenter de mesurer la surtâche en ces temps de Covid-19. Allez-y avec vos trippes. On se «COVID» LE COEUR. (Crédit slogan, Frédérique Godefroid du Cégep de L’Abitibi-Témiscamingue) Nous vous reviendrons sur les résultats!

Pour accéder au sondage : Enseigner en mode Covid

2. Jeudi le 24 septembre. Journée de formation liée à la mobilisation à distance. Pour accéder au Journal du participant qui retrace les grandes luttes du milieu syndical, le cadre légal de la négociation, le bilan de la dernière négo, un «refresh» de nos demandes en 2020 et bien plus encore :

En atelier en après-midi avec les camarades de La Pocatière, Shawinigan, Maisonneuve, Montmorency, l’Abitibi et Charlevoix, nous avons «pondu» ce slogan, capable de ramasser nos demandes de négo et notre fatigue liée au contexte de la covid. Utilisez comme vous le sentez. Crédit slogan, Ann Comptois, Cégep de Maisonneuve.

Pour accéder à mon résumé de cet atelier :

3. 25 septembre 2020. Regroupement Cégep en mode visio. AmiEs de Sciences de la nature et de Sciences humaines, voici une résolution sur laquelle vos représentants à la FNEEQ (Denis Paquin et moi) devront se prononcer lors du regroupement du 8 et 9 octobre :

«Révision des programmes pré-universitaires
Que le regroupement cégep consulte ses membres sur la position de demander le report des travaux de révision de programmes à une date à déterminer selon l’évolution de la pandémie COVID-19 et sur un boycott de ces travaux advenant un refus du MEES à cette demande.
Que le retour de consultation au sujet des programmes de Sciences de la nature et Sciences humaines ait lieu durant la réunion du regroupement cégep des 8 et 9 octobre.»

4. 29 septembre. Piquetage symbolique de 7h15 à 8h en soutien au soutien pour le maintien des primes aux ouvriers spécialisés.

Communiqué de presse :

«Sainte-Thérèse, le 29 septembre 2020) – Les représentants de différents syndicats affiliés à la CSN de la
région des Laurentides regroupant plus de 11 000 membres sont allés appuyer leurs collègues ouvriers
spécialisés du Collège Lionel-Groulx qui manifestaient aujourd’hui. Cette action visait à dénoncer que le
gouvernement Legault s’apprête à faire subir d’importantes pertes de revenus à des dizaines de milliers de
personnes qui oeuvrent dans les services publics en refusant de maintenir, au-delà du 30 septembre prochain,
plusieurs primes d’attraction et de rétention.»

Pour poursuivre la lecture de ce communiqué de presse :

5. La Commission des études du 1ier octobre 2020.

Voici les balises qui ont été votées, à la majorité, pour les évaluations en «présentiel» lors des plages du 22-23 et 24 décembre prochain. (Évidemment si le contexte sanitaire le permet…)

  • Les cours ayant déjà un local dédié à l’horaire des quatorze semaines de la session ne sont pas admissibles;
  • Chaque discipline doit prioriser un maximum de deux sigles de cours pour lesquels les enseignants ont convenu que tous donneront une activité d’évaluation en présence;
  • En cas de reconfinement et afin de répondre aux étudiants qui ne pourront pas se présenter au Collège, chaque enseignant qui planifie faire passer un examen en présence devra concevoir un examen à distance.

6. Et finalement, le 5 octobre prochain, c’est la journée mondiale des enseignantEs. On vous demande de prendre une photo de vous avec le slogan écrit : 5 octobre 2020, ne laissez personne de côté!

Si le contexte est particulier, il faut mettre des visages sur ces profs de l’ombre, derrière leur écran, qui ne baissent pas les bras et se réinventent pour accompagner la génération covid. Prenons soin de nous.

Voici un message de la FNEEQ concernant le 5 octobre :

«Le 5 octobre, ce sera la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants, dont le thème est cette année «Enseignants : leaders en temps de crise et façonneurs d’avenir». L’une des revendications de cette journée chapeautée par l’UNESCO est, en cette période trouble de pandémie, de ne laisser personne de côté, une revendication qui a une résonance tant pour les conditions d’enseignement que pour les conditions d’apprentissage des étudiantes et des étudiants.

Cette journée coïncide aussi avec une rencontre pendant laquelle notre fédération syndicale, la FNEEQ-CSN réclamera au Comité patronal de négociation des collèges (CPNC) des ressources enseignantes et des balises relatives à notre travail en temps de pandémie pour encadrer le mieux possible toutes les étudiantes et tous les étudiants.

Pour poursuivre la lecture de cette lettre :

Bonne semaine camarades!

DE VIVE VOIX 8.03

Après le premier gel et après 3 cégeps fermés pour cas de covid.

Une négo et une mobilisation à relancer!

Par Denis Paquin

On nous annonçait avant l’été qu’une entente était imminente d’un jour à l’autre. La négociation devait se conclure avant la mise à jour économique où l’état pitoyable des finances publiques du Québec serait révélé. Le 19 juin on apprenait un déficit historique de 14,9 milliards de dollars… Il n’y a finalement pas eu d’entente et depuis la situation semble figée. Retour à une négo « normale »! Je vous propose par ce texte un bref retour sur les événements. Le plus important sera évidemment la suite. Préparez-vous à vous mobiliser!

Denis Paquin

Une contre-proposition de la CSN à la table centrale pour relancer les discussions

Le gouvernement, dans son offre de décembre 2019, propose de renouveler nos conventions collectives pour une durée de 5 ans, avec des hausses salariales de 7% (plus un montant forfaitaire). Une offre que nous avons, bien entendu, jugée inacceptable après plusieurs années d’érosion de notre pouvoir d’achat.

Puis, il y a eu la covid-19 en mars… et la reprise des discussions en mai. Un règlement était alors imminent! Or, il n’y a eu aucune nouvelle proposition gouvernementale écrite ou avancée significative, notamment, sur la question salariale. Nos porte-paroles ont ainsi ressenti un certain « essoufflement » à la table centrale avant la pause de l’été, en juillet. Le remaniement ministériel de juin s’est aussi traduit par un changement à la présidence du Conseil du Trésor avec l’arrivée de Sonia LeBel avec qui les négociations se poursuivent.

Dans ce contexte, la CSN estimait nécessaire de relancer les discussions en déposant une contre-proposition formelle au Conseil du Trésor le 28 août dernier. Celle-ci respecte les grandes orientations adoptées par les fédérations, dont la FNEEQ : amélioration des salaires, mais aussi des conditions de travail, attention particulière aux bas salariés et protection du pouvoir d’achat pour tous.

Nous demandons ainsi le renouvellement des conventions collectives pour une durée de trois ans avec une hausse salariale de 2$ par heure pour la première année et de 0,75$ par heure ou 2,2% (selon la formule la plus avantageuse) pour chacune des deux autres années. Concrètement, dans le cas d’un enseignant à l’échelon 17, cela représenterait une hausse salariale de près de 9% sur trois ans. Il est aussi demandé de maintenir la cohérence entre notre échelle salariale et celle des enseignants du primaire et du secondaire (s’ils réalisent des gains, nous allons donc en bénéficier!). L’enjeu de la rémunération des enseignants à la formation continue est aussi traité à la table centrale.

À ce jour, nous attendons la réaction du Conseil du Trésor… L’écart entre la proposition gouvernementale et la contre-proposition de la CSN demeure toutefois important!

Un manque cruel de ressources à la table sectorielle

Dans l’urgence, nous avons priorisé nos demandes à la table sectorielle au cours de la dernière session. Nous devions accorder un mandat à nos représentants afin qu’ils puissent négocier l’amélioration de nos conditions de travail avant qu’une entente (imminente!) ne survienne à la table centrale… Ce fut un exercice difficile, alors que nous avons renoncé (pour cette négo!) à plusieurs demandes importantes afin de nous inscrire dans le cadre d’une négociation accélérée.

Dans ce contexte, il y a eu plusieurs rencontres à la table sectorielle entre mai et juillet, la partie patronale ayant aussi priorisé ses demandes. Selon nos représentants, les échanges étaient « cordiaux », mais il n’a pas été possible de parvenir à une entente, notamment, en raison d’un manque cruel de nouvelles ressources.

Pour Québec, ces négociations doivent s’effectuer quasiment à coût nul… avec une injection d’à peine 4,6 millions pour améliorer nos conditions de travail… pour les 45 syndicats représentés par la FNEEQ… Pour mettre ce montant en perspective, même priorisées, la FNEEQ estime le coût de nos demandes à 50 millions, dont un peu plus de 30 uniquement pour la formation continue. C’est dans ce contexte que nous avons demandé une médiation le 8 juillet.  

Petit rappel. Lorsque les négociations sont dans une impasse, il est possible de demander une médiation. Le gouvernement nomme alors un médiateur qui doit amener, si possible, les parties à s’entendre dans les 60 jours suivants. Au terme de cette période, le médiateur dépose un rapport. Il devient alors possible d’exercer légalement notre droit de grève 20 jours plus tard (il faut aussi considérer un préavis de grève de 7 jours). Nous serons ainsi en mesure d’exercer légalement notre droit de grève au début du mois d’octobre. Il faut toutefois souligner que les autres fédérations n’ont pas encore demandé une médiation. Aussi, une action concertée entre les fédérations de la CSN n’est pas envisageable avant janvier ou février…

Le manque de ressources explique largement l’incapacité à parvenir à un accord à la table sectorielle, alors que nos conditions de travail se dégradent depuis quelques années. L’impasse pourrait en grande partie se dénouer à la table centrale, avec une entente permettant de corriger l’injustice que subissent les chargés de cours.

On voudrait l’oublier dans le contexte actuel, mais nous sommes au cœur d’une négo! Une négo qui doit être relancée et qui s’annonce plus longue que ce qui nous était annoncé en mai. Nous serons ainsi appelés à nous mobiliser prochainement. Préparez vos pancartes!

LA CHRONIQUE DE ÉCOLE ET SOCIÉTÉ

Malgré la reconnaissance par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) des besoins accrus en enseignement en temps de pandémie, beaucoup de problèmes persistent dans le cadre de cette rentrée «exceptionnelle». De nombreuses adaptations aux mesures sanitaires ont servi de prétexte pour imposer de nouvelles conditions d’enseignement. Un immense travail d’intervention et de lutte sera nécessaire cet automne, tant sur le plan national que sur le plan local, pour préserver la qualité de l’enseignement et de dignes conditions de travail.

Pour lire la suite de cette chronique :

Infolettre FNEEQ : 22 septembre 2020

Pour accéder à cette infolettre :

https://mailchi.mp/16eb6f54e58e/infolettre-22-septembre-2020?e=90bacbe978

Mise en garde…

Nous avons eu vent que certains collègues auraient la tentation de louer des locaux à l’extérieur du collège pour enseigner en présentiel. Nous ne vous dirons pas suffisamment que cette initiative pourrait vous valoir une lettre au dossier. En effet, comment vous assurer que vous respectez les normes de santé publique et les recommandations de la CNESST? En temps de covid, de grâce, prenons soin de nous.

VOLET ENVIRONNEMENT

Deux professeurs du collège sont présentement engagés dans la protection d’un milieu naturel sous pression. Philippe Daigle, du département de biologie, a lancé le groupe Rosemère Vert qui milite pour la préservation et la restauration écologique de l’ancien site du golf de Rosemère. Le groupe a obtenu l’appui de plus de 3500 citoyens. Voici un lien vers un article tiré de la couverture médiatique récente obtenu par Rosemère Vert ainsi qu’un lien vers la pétition en ligne :

https://www.change.org/p/résidentes-et-résidents-de-rosemère-pour-la-protection-et-la-restauration-écologique-du-site-de-l-ancien-golf-de-rosemère?redirect=false

Daniel Desroches, du département de philosophie, a fondé en juillet les Amis du Boisé Neilson à Québec. Le mouvement citoyen milite pour la conservation intégrale d’un écosystème forestier exceptionnel de 24 hectares qui fait l’objet d’une planification résidentielle à la Pointe-de-Ste-Foy. Les Amis du Boisé Neilson ont obtenu une première couverture médiatique la semaine dernière, lancé une pétition en ligne et diffusé une capsule vidéo qui a attiré l’attention de leurs élues municipales. En cumulant les pétitions papier et en ligne, le groupe compte sur l’appui de plus 2700 signataires.

https://www.lesoleil.com/actualite/la-capitale/un-developpement-residentiel-menace-lavenir-du-boise-neilson-photos-ebaca496f7ecf00b1347474f1d0a82f8

http://chng.it/JLH2n2rhSbOn se souviendra, en terminant, que Philippe Daigle et Daniel Desroches ont étroitement collaboré au Projet Béluga qui fait aujourd’hui la fierté du collège. Les membres du personnel qui souhaitent appuyer leurs collègues dans leur lutte citoyenne peuvent signer les pétitions en ligne sur le site de Change.org ou se tenir informé via leur page sur Facebook.

Philippe Daigle, professeur de Biologie

Par Christian Asselin, Nord Info

«Le débat entourant l’avenir de l’ancien club de golf de Rosemère s’est poursuivi, lundi soir, devant l’hôtel de ville. Juste avant le début de la séance du conseil municipal mensuel, entre 75 et 100 personnes s’y sont rassemblées pour protester contre la décision de la Ville de ne conserver qu’un minimum de 50% du site.

Répondant à l’appel lancé par Philippe Daigle, porte-parole de Rosemère Vert, une initiative citoyenne mise sur pied afin de préserver l’entièreté (100 %) du site de 60 hectares sur lequel repose l’ancien golf de Rosemère, les citoyens se sont faits entendre, pancartes à la main.

«Je trouve déplorable que le maire minimise la mobilisation citoyenne entreprise par des centaines de résidents depuis quelques mois et qu’il ne soit pas sorti nous voir ce soir lors de notre rassemblement», a indiqué Robert Vallerand, résident de Rosemère depuis 45 ans, avant d’ajouter être là «pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants».

Rosemère Vert a de nouveau présenté au conseil de ville la pétition signée par 3285 personnes, «dont plus de 523 citoyens de Rosemère, 1085 résidents de la MRC Thérèse-De Blainville et près de 2000 personnes de la région de Montréal», de préciser les organisateurs. Ces derniers ont en outre déploré que le maire Éric Westram minimise l’importance de ces signataires.

Rosemère Vert dénonce également la validité des résultats des consultations publiques réalisées par la Ville de Rosemère auprès de 1700 personnes. Celles-ci, affirme la Ville, ont révélé que plus de 75% d’entre elles étaient en accord avec la préservation d’un minimum de 50 % du site. Rosemère Vert plaide plutôt que le dossier du golf n’était que l’un des points discutés lors de ces consultations parmi plusieurs autres.

Rosemère Vert compte poursuivre ses activités. Une campagne de sensibilisation publique sera d’ailleurs lancée au cours des prochaines semaines.»

À venir :

Demain, le 23 septembre à 12h30 : Assemblée générale via zoom

24 septembre : journée de formation à la mobilisation à distance

1er octobre : Commission des études

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