DE VIVE VOIX 7.13 EXPRESS

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Après une semaine de bons soins, un retour à la vie. Bravo camarade Bernard!

La capsule d’Étienne

 

thumbnailNégocier dans l’urgence

par Denis Paquin

Négocier? Je n’ai pas la tête à ça. L’urgence est à terminer ma session et à préparer l’automne qui s’annonce chaotique. Et pourtant, la conjoncture nous impose aussi une négociation. C’est dans ce contexte que nous nous sommes réunis le 13 mai pour tenir une AG en soirée. Pour les plus motivés, il y a eu aussi un 9 à 11 fort agréable.

Globalement, nous avons décidé d’adhérer à la stratégie de la FNEEQ en ajoutant quelques éléments, mais sans remettre en question le cœur de la proposition de notre fédération, en priorisant l’amélioration des conditions de travail des chargés de cours. Disons que les échanges ont été plus souffrants au sein de la FNEEQ. 2 regroupements cégep, 16 heures de zoom, voilà le temps nécessaire pour faire le deuil d’une négociation « normale» où il serait possible de traiter l’ensemble des enjeux liés à notre réalité : sous-financement des collèges, lourdeur de la tâche, précarité, organisation du travail… Je vous propose un portrait de la situation actuelle.

Un règlement rapide à la table centrale?

Le gouvernement a déposé une offre formelle à la CSN cette semaine. Il devrait y avoir une contre-proposition de la CSN prochainement. Celle-ci pourrait être similaire à celle de la FTQ.

Pour ceux qui suivent l’actualité, la FTQ se dit proche d’un règlement avec le gouvernement basé sur une hausse salariale de 12% pour les préposées aux bénéficiaires et de 6% pour les autres sur une période de 3 ans. Pour la troisième année, il y aurait aussi une bonification supplémentaire pour les bas salariés.

En somme, un règlement prochain sur la question de la rémunération est fort possible dans un contexte où l’écart entre le gouvernement et les organisations syndicales semblent se réduire.

Une négociation accélérée à la table sectorielle

La négociation rapide à la table centrale impose son rythme à la table sectorielle.  Le gouvernement souhaite régler la négociation avant la mise à jour économique de juin, sans doute avant la mi-juin. Il resterait ainsi peu de temps pour négocier au niveau sectoriel malgré la complexité des enjeux.

Cet échéancier ne permet clairement pas de traiter l’ensemble de nos demandes. Pour chacune d’elle, la  FNEEQ doit analyser l’enjeu, produire une argumentation, présenter la demande à la partie patronale avant d’entamer des discussions. Dans le cadre actuel, ce travail n’est possible qu’avec un nombre limité de demandes. Lesquels? Une question simple, mais déchirante, chaque demande étant légitime.

Injection limitée de nouvelles ressources

À cette contrainte de temps, s’ajoute aussi un manque cruel de nouvelles ressources, alors que le gouvernement propose d’injecter seulement 6 millions supplémentaires afin d’améliorer nos conditions de travail à la FNEEQ! Rien en un mot.

Une somme nettement insuffisante par rapport à nos demandes. À titre d’exemple, il en coûterait près de 40 millions uniquement pour assurer un traitement équitable à la formation continue. Un écart abyssal…

Que faire?

La FNEEQ estime que le rapport de force est actuellement favorable au gouvernement (popularité du gouvernement actuel et difficulté à mobiliser ses membres). La conjoncture économique aussi n’est plus favorable. Plusieurs organisations syndicales cherchent aussi à parvenir à une entente rapide. Bref, il s’avère impossible dans ce contexte de ralentir la négociation. La FNEEQ estime qu’une négociation rapide, malgré ses limites, permettrait de réaliser des gains par rapport à l’offre initiale de 6 millions.

Réaliser des gains en s’appuyant sur la CSN

Pour la FNEEQ, en se concentrant sur quelques enjeux, il est possible, en s’appuyant sur le rapport de force de la CSN, de réaliser des gains supplémentaires. Il s’agit ici principalement de réaliser des gains pour améliorer la rémunération des chargés de cours en traitant cet enjeu à la table centrale dont les ressources sont plus importantes. La négociation sectorielle doit toutefois s’accélérer et se conclure avant une entente à la table centrale, avant la fermeture des enveloppes par le gouvernement. Il est donc minuit moins une…

Préparer la prochaine négociation

Ce rythme accéléré contraint la FNEEQ à limiter le nombre de demandes qui sera présenté à la partie patronale. Il s’agit du difficile exercice de priorisation que nous avons réalisé lors de deux regroupements par zoom. Il y a aussi des limites à cette stratégie, et la FNEEQ en est bien consciente.

Cette négociation ne permettra pas de régler les nombreux enjeux qui affectent le réseau collégial (si au moins nous pouvons régler celui de la formation continue, je serais toutefois très heureux). La FNEEQ propose ainsi de bonifier les mandats des comités paritaires afin d’étudier les enjeux qui ne pourront pas être traités. Il pourrait même y avoir de l’injection de ressources avant la prochaine convention collective (par exemple, pour les stages en milieu clinique en soins). Il s’agit, en somme, de préparer la prochaine négociation où les enjeux de la précarité, du financement et de la CI seront centraux.

En terminant

La négociation est, à plusieurs égards, décevante. Il faut toutefois souligner des gains au niveau de la rémunération supérieure aux dernières négociations (en excluant le rangement 23). Aussi, elle n’aura pas été vaine si nous parvenons à réaliser des gains majeurs à la formation continue. Elle ne permettra sans doute pas de régler plusieurs enjeux, mais plutôt de mettre la table à la prochaine négociation.

J’oubliais. Il y a quelques changements à notre liste de demandes prioritaires. Des précisions et des ajouts de mandats pour les comités paritaires. En écho à notre AG, l’ajout d’une demande pour permettre l’accès au PVRTT pour les précaires ayant un temps plein session. Une autre pour permettre aux syndicats locaux de mieux baliser les partenariats interétablissements. L’essentiel demeure toutefois conforme à la liste des priorités présentées en AG (nous allons vous transmettre cette liste lorsqu’elle sera disponible).


2020-05-21 Le point sur la négo no 10


thumbnail (19)Résumés de rencontres

Par Aude Lacasse, présidente du SEECLG

Comité des relations de travail (CRT)

Les discussions sur un automne en mode hybride se sont poursuivies. Résumons en disant que le dossier est complexe et que plusieurs variables nous manquent pour avancer les discussions de façon significative. Discuter de certaines de nos conditions de travail sans connaître, le plan sanitaire officiel, le cadre pédagogique, les modifications au RREC et surtout si du financement supplémentaire sera offert par Qc est difficile. Toutefois, une chose semble faire consensus, il sera très difficile de faire des horaires selon le mode habituel à l’automne. L’utilisation des locaux spécialisés dans le respect des normes fixées par la Direction de la santé publique met beaucoup de pression sur le reste des plages horaires. La possibilité de faire un horaire par bloc a été évoquée. Il pourrait y avoir trois blocs par jour, un le matin, un l’après-midi et un autre le soir.

 Comité consultatif pour la rentrée.

Le protocole de gestion de la COVID-19 dans les locaux du collège a été présenté. Celui-ci n’est encore qu’à l’état de document de travail. Nous ne pouvons donc pas vous le diffuser. Le document a été corrigé et commenté par la direction de la santé publique. Bien que les mesures demandées ne soient pas si surprenantes, elles nous laissent un peu sceptiques quant à la capacité réelle du collège de les mettre en place. Rappelons-nous l’état de propreté du collège avant la pandémie. Chose certaine à la lecture du document, on ne peut que constater qu’il sera possible d’admettre qu’un nombre limité d’étudiants et d’employés au collège à chaque jour. Suite à la rencontre, il a été convenu qu’un groupe de travail sera créé afin de préciser le Protocole en tenant compte de l’aspect pédagogique dans l’utilisation des locaux.


Info-assurance


20200412_130453Poudre aux yeux

 Par Stéphane Chalifour, professeur de sociologie

Dans un texte publié il y quelques semaines en ces pages, notre collègue, Charles Jutras, décrivait les contingences imposées par la crise en référant aux pilotes de ligne qui, dans des circonstances exceptionnelles, doivent naviguer « à vue », c’est-à-dire sans instruments de bord et sans repères connus. La métaphore aurait sans doute encore plus de consistances si notre ministre et ses gestionnaires n’étaient pas borgnes et que tous ceux qui croient voir dans les « bébelles » technologiques une voie d’avenir n’étaient pas aveugles. On aura beau parler de l’«École de demain»[1], la vérité est que la crise actuelle est une occasion en or pour les idéologues patentés du pédagogisme et des marchands de logiciels de nous faire croire à ce qui n’est en somme qu’un mirage[2].

[1] -Christian Asselin, «Le collège Lionel-Groulx s’adapte à la crise», Nord info, 29 avril 2020, https://www.nordinfo.com/actualites/le-college-lionel-groulx-sadapte-a-la-crise/

[2] -Au nombre des inepties entendues récemment, il faut écouter l’inénarrable Cathia Papi de la TELUQ sur les ondes de Radio-Canada qui nous disait que le télé-enseignement est même plus «efficace» que l’enseignement en présentiel. Voir https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/midi-info/episodes/463224/rattrapage-du-mercredi-13-mai-2020/14

Pour poursuivre la lecture de ce texte : Chalifour Poudre aux yeux


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comité école et société : Ricardo Penafiel, Isabelle Ponbriand, Madeleine Ferland et Claudine Beaupré (manque sur la photo Ann Comptois et Richard Bousquet)

L’enseignement au temps du coronavirus
Balises pour l’automne 2020

(texte envoyé par Colnet un peu plus tôt)

Par le comité école et société

La pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19) et le confinement ont amené le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur (MEES) à imposer des directives souvent erratiques quant aux tâches professionnelles à maintenir. Le manque de clarté dans les consignes et les pressions idéologiques provenant du MEES ont engendré des dysfonctionnements qui ont rendu l’adaptation à la crise beaucoup plus compliquée qu’elle ne l’était d’emblée. Autant l’imposition d’un retour précipité à l’école primaire en présentiel (pour un groupe d’âge qui peut difficilement respecter les consignes de distanciation) que les directives d’une reprise immédiate des cours à distance pour l’enseignement supérieur relèvent d’une même attitude autoritaire qui catapulte des « solutions » sans consulter d’abord les principales et principaux intéressé-es. Il ne fut donc pas surprenant de lire, en début de confinement, les directives ministérielles aux
directions d’établissements des réseaux de l’éducation et en enseignement supérieur qui amènent, de manière floue mais certaine, l’idée d’étendre le téléenseignement dans un avenir rapproché :

« Dans la mesure du possible, les établissements d’enseignement supérieur sont
invités à concevoir, au cours des deux prochaines semaines, des façons d’offrir
l’ensemble de leurs activités de formation à distance dans l’éventualité où la
fermeture des établissements devait se prolonger. Le télétravail est une mesure à
privilégier. Par ailleurs, dans le cas des établissements d’enseignement supérieur, les
activités de formation offertes à distance et ne nécessitant pas de présence de
personnel pourront être maintenues. » (Blackburn, 2020)

Les collèges, les universités et plusieurs écoles secondaires privées ont rapidement tenté d’emboîter le pas aux universités états-uniennes (Agence France Presse, 2020). Celles-ci prétendaient imposer l’enseignement à distance (EAD) à l’ensemble de leurs cours pour combattre la COVID-19. Certains gestionnaires d’établissements d’enseignement supérieur parlent même de la crise de la COVID-19 comme d’une occasion de « créer l’école de demain ». Cette vision, qui montre une désolante incompréhension des conditions requises pour faire de l’enseignement à distance, est d’autant plus déplorable qu’elle relève d’un puissant lobby en faveur du développement de la « formation à distance », que les gouvernements et directions d’établissements d’éducation relaient depuis plusieurs années sans en maîtriser la nature et les enjeux 1

Pour poursuivre la lecture de ce texte : CES_Enseignement au temps du coronavirus_19 mai 2020 (2)


20200412_130453Suggestions de lecture

Par Stéphane Chalifour, professeur de sociologie

La grande illusion

 par JOSEPH FACAL, Journal de Montréal, Mardi, 19 mai

Dans les universités et les cégeps, il semble acquis que l’enseignement se fera à distance à l’automne. Dans un contexte de grande incertitude, je ne blâmerai pas les autorités de faire primer la sécurité.  Je reconnais l’ingéniosité de plusieurs outils technologiques dans le domaine pédagogique. Je ne nie pas non plus que l’enseignement à distance fonctionne très bien dans des programmes comme les certificats, qui s’adressent à des étudiants plus âgés et plus autonomes. Pour les étudiants qui nécessitent un suivi plus serré, l’enseignement à distance ne remplacera jamais, jamais, jamais la présence en classe.

Mon malaise est ailleurs.

Pour poursuivre les suggestions de lecture :

(…) Puisque vous êtes très occupés, moi aussi, je serai bref dans ma chronique de cette semaine. J’irai tout simplement en vous laissant quelques références qui vous expliquent brièvement l’histoire des épidémies au Québec et ailleurs dans le monde. Avoir un peu de culture épidémiologique générale lorsqu’on est un intervenant en santé animale n’est pas à dédaigner. (…)

Pour lire la Chronique de Yovan : Chronique 8


99297814_586482505317488_645097701242830848_n2 Suggestions de visionnement

Par Michel Milot, professeur de mathématique

1) As It Used To Be – Vostfr

«Synopsis:
Dans un futur proche, les professeurs ne donnent cours que devant une salle vide et une simple webcam, retransmettant la leçon sur internet. Un professeur d’histoire va voir son quotidien bousculé quand une élève franchit la porte de sa salle…»

2)

«Printemps 2020, la pandémie bouleverse le Québec. L’heure est au confinement. Privé.e.s de leur rendez-vous musical habituel, plus de 300 choristes amateur.e.s de partout au Québec répondent à l’appel d’un projet ambitieux et forment un grand chœur virtuel le temps d’une chanson.»


À venir …

  • Mercredi le 27 mai à 19h : Assemblée générale en visio
  • Jeudi le 28 mai : Regroupement Cégep en visio
  • Vendredi le 29 mai : Commission des études en visio

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