Par Pascal Andrus
Mon histoire avec Richard Dupuis est une belle histoire dont on peut rêver dans notre vie. En plus de s’incarner dans l’histoire de note collège, elle s’imbrique entièrement dans la mienne.
Une histoire qui a commencé il y a plusieurs lunes, au début des années 90.
À l’époque, il y avait un petit gars de 16 ans qui habitait juste en haut, qui aimait la musique. Est venu voir exactement à cet endroit sur cette scène, au Kafé étudiant, un évènement qui existe toujours aujourd’hui, les Jeudis Jazz
À ce moment-là, révélation, coup de cœur foudroyant. Il s’est dit : « Je vais faire de la musique dans la vie. Je vais venir étudier en musique au Cégep Lionel-Groulx. »
Le petit gars fait une audition ici en musique au cégep. À l’époque, ce n’était pas encore un département tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais plus petit mais bien installé dans l’aile S, celle où se trouvent maintenant des bureaux des aides pédagogiques.
Et là… qui rencontre-t-il dans ce long corridor ?
Un beau grand et bel étalon dans la fleur de l’âge, les cheveux longs, bruns, portant de belles bottes de cowboy, bassiste de country avec Gildor Roy.
Cet individu est ici aujourd’hui. Il s’appelle Richard Dupuis.
Richard Dupuis, c’est un professeur de musique extraordinaire. Un homme avec qui j’ai connecté immédiatement. Organisé, méthodique, rigoureux, son enseignement est droit, clair et généreux.
En regardant le fil de notre histoire, Richard m’a véritablement tout enseigné.
Il m’a d’abord appris mon métier, ici même. Puis, il est devenu mon ami. Un ami à qui j’envoyais des cartes postales lorsque j’ai fait mes premiers contrats de musicien sur des bateaux de croisière — lui-même ayant déjà vécu cette expérience. J’ai suivi sa trace. Je lui écrivais : « Salut Richard, je suis en Floride, tout va bien. »
Quelques années passent encore.
Et je reviens, cette fois comme professeur au Cégep Lionel-Groulx.
Mon professeur, mon mentor, mon ami… devient alors mon collègue.
Et encore une fois, il m’apprend tout: les rouages du métier, les mécanismes pour devenir un bon professeur de musique, autant dans la pédagogie que dans la relation avec les étudiants, avec le collège, dans l’esprit de collégialité. Il m’a appris à naviguer dans le cadre institutionnel, syndical, administratif.
Il m’a véritablement tout transmis.
On a même fait de la coordination ensemble. Je m’étais dit : s’il y a bien une personne avec qui je veux le faire, c’est Richard. Et encore là, j’ai énormément appris simplement en le regardant aller.
Maintenant assez de moi et parlons de mon ami Richard…
Richard, c’est quelqu’un qui est au collège depuis très, très longtemps. Il a commencé ses études ici en 1981, à une époque où le cégep était très différent. C’était un véritable petit cégep de région.
Il le dit souvent : « Je m’ennuie de mon cégep de région. » Et en effet, ce n’est plus tout à fait la même réalité. Il se roulait et fumait des trucs ici même dans ce Kafé que l’on ne parlera pas trop aujourd’hui.
Il a été formé par un Alain Turgeon, autre professeur de musique. Et il et devenu professeur dans ces murs.
Richard, c’est 66 sessions d’enseignement au Collège Lionel-Groulx. On peut dire 33 ans mais comme il aime le dire, 66 ça fait plus gros.
Alors, qui est Richard Dupuis ?
C’est un collègue engagé. Quelqu’un qui a littéralement le CLG tatoué sur le cœur. Quelqu’un qui a tout donné à son département avec ses mêmes qualités de pédagogue : organisé, méthodique, rigoureux.
Et je le dis sincèrement : c’est un modèle. Un exemple à suivre. Quelqu’un qu’on peut regarder et dire : voilà ce que signifie travailler en collégialité, en gardant toujours en tête l’essentiel du pourquoi on est ici : transmettre notre passion, transmettre notre savoir à nos étudiants.
Alors, pour toi, Richard…
Qu’est-ce qui t’attend pour la suite ?
Une belle retraite : du ski, des projets, du temps pour toi. Un nouvel ordinateur pour faire de la musique.
Mais une chose est certaine : je ne suis pas inquiet. Tu es en pleine forme, tu mérites cette retraite, et tu mérites de la vivre pleinement et en santé.
Et oui, on va énormément s’ennuyer de toi. Je vais particulièrement m’ennuyer de toi en réunion. Toujours prêt à débattre avec la passion que l’on te connait.
Alors merci pour tout mon professeur, mon mentor, mon collègue, mon ami.
Bonne retraite.


