
par Marie-Pascale Tardif, responsable de l’information et des communications du SEECLG et professeure de littérature
Un dernier De Vive Voix, bien garni celui-là, vient aujourd’hui clore cette session et, par le fait même, cette année scolaire bien chargée. Visiblement, la thématique proposée a fait écho à vos préoccupations actuelles! Pour faciliter votre lecture, ce numéro sera divisé en deux grandes sections : laissons d’abord place aux textes de nos collègues qui ont eu la générosité de nous faire part de leur réflexions ou créations fort intéressantes, puis suivront les affaires syndicales habituelles. Vous vous cherchiez une ultime bonne raison de procrastiner la correction de vos dernières copies? La voici donc! Nous vous souhaitons une bonne lecture!
I) LIBERTÉ ACADÉMIQUE, AUTOCENSURE ET ÉCRITURE INCLUSIVE
1. L’enseignement supérieur dans la tourmente

par Renée-Claude Lorimier, professeure de littérature
Jamais il n’a été si facile de prendre la parole, en particulier sur les réseaux sociaux où chacun peut donner son opinion sur tous les sujets. L’effet pervers de cette libération de la parole est le déferlement des discours haineux. Pensons par exemple aux groupes racistes ou masculinistes et à tous les trolls qui déballent sur Internet leurs frustrations contre ceux et celles qui ne pensent pas comme eux et qui les privent de leur privilège de parler sans être contredits. De peur de subir de la cyberintimidation ou de recevoir des menaces, plusieurs décident de se taire. Ainsi, la polarisation des idées, exacerbée par les réseaux sociaux, met en péril le débat démocratique.
Les institutions d’enseignement sont plus que jamais essentielles parce que, en nourrissant la pensée critique, elles favorisent le dialogue social. Cependant, cette mission est de plus en plus compromise à l’heure où l’on assiste à un redoutable assaut contre la liberté académique aux États-Unis, au Canada et même au Québec. Quelques exemples me permettront d’illustrer cette entreprise idéologique.
Alors qu’il se proclamait le défenseur de la liberté, Donald Trump, à peine arrivé au pouvoir, s’est empressé de faire la chasse aux mots : antiracisme, crise climatique, biais de confirmation, exclusion, immigrants, inégalités, ségrégation, femmes, défavorisés ne sont que quelques-uns des 200 mots bannis des sites Internet des agences fédérales américaines parce qu’ils réfèrent à la pensée écologiste, à l’EDI (équité, diversité et inclusion) ou à tout autre mouvement contraire à l’idéologie de la Maison Blanche. Dans les universités, l’utilisation de ces mots par des équipes de recherche pourrait entrainer la suppression des subventions.
L’appui au mouvement palestinien ou la critique d’Israël est un autre exemple de discours fustigé par le président Trump. En mars, la docteure Joanne Liu a vu sa conférence annulée par l’Université de New York, qui craignait de s’attirer les foudres du président parce que Mme Liu mentionnait que c’est dans la bande de Gaza qu’il y avait eu le plus d’humanitaires décédés en 2024.
Pendant les mois de mars et d’avril, plusieurs étudiants de l’université Columbia qui militent pour la Palestine ont été arrêtés et accusés de « renforcer l’antisémitisme ». Certains ont été libérés après avoir fait de la prison, mais d’autres pourraient être expulsés même s’ils avaient obtenu le droit de séjour.
Il faut garder à l’esprit que le réseau collégial n’est pas à l’abri de ce climat de censure. D’abord, le phénomène n’est pas limité aux États-Unis. Les universitaires qui travaillent au Canada au sein d’équipes financées par le gouvernement américain subissent des pressions pour s’aligner avec l’idéologie du gouvernement Trump. Dans le cas contraire, ils s’exposent au danger de perdre leurs subventions[1].
Ensuite s’impose à tous le sentiment que la liberté académique est également menacée dans les cégeps. Entre les mois d’aout 2024 et février 2025, la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, s’est immiscée à quelques reprises dans le contenu de cours donnés aux cégeps Dawson et Vanier.[2] Elle a ainsi déclenché des enquêtes administratives au motif qu’« il y a un certain climat […] très tendu »[3] et que certains élèves auraient exprimé des malaises. Pourtant, la direction du cégep Vanier n’avait reçu aucune plainte justifiant une telle démarche. Aussi, tous ces cours avaient été approuvés par les mécanismes normaux des départements.
Récemment, le journal Pivot révélait qu’une enseignante du collège John Abbott avait subi des pressions pour modifier ses cours. Un étudiant de sa classe aurait déposé une plainte pour antisémitisme contre elle et demandé l’annulation d’un autre cours portant sur la littérature palestinienne et auquel il n’est pas inscrit. Dans ce dernier cas, l’enseignante a accepté de retirer une phrase de son plan de cours même s’il avait été accepté par le département.
Des professeurs juifs de cégeps et d’universités ont également dénoncé le conflit d’intérêts de la ministre qui, dans le passé, a siégé au sein du conseil d’administration d’un organisme sioniste de défense des droits des juifs, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA). Il semble que cet organisme ait joué un rôle dans les interventions de Mme Déry. L’ingérence de la ministre est d’autant plus inacceptable que les cégeps ont mis en place des processus de plainte pour traiter de tels incidents.
En terminant, on ne peut taire l’impact des récentes restrictions budgétaires de 151 millions $. La diminution des budgets de recherche limitera forcément la possibilité pour le personnel enseignant d’approfondir la réflexion sur l’enseignement. Les compressions financières permettront encore plus aux entreprises privées d’intervenir dans les programmes.
La liberté académique est indissociable de la mission des établissements d’enseignement supérieur. En 2021, le rapport Cloutier a reconnu la nécessité de protéger, voire de promouvoir la liberté universitaire. L’année suivante, le gouvernement a adopté la loi sur la liberté académique (loi 32).
Cependant, la législation ne s’applique pas aux établissements collégiaux. Il importe de corriger cette lacune afin que le corps professoral ait la possibilité d’émettre des idées et d’échanger sans contrainte et sans crainte de représailles.
D’ailleurs, la FNEEQ considère que l’annexe négociée lors de la convention collective, qui vise à protéger le personnel enseignant contre les limites imposées dans les contenus de cours et les choix pédagogiques, soit renforcée et étendue.
[1] La politologue Maïka Sondarjee a déclaré que l’université d’Ottawa avait demandé aux personnes collaborant à des recherches financées par les agences fédérales états-uniennes d’aligner leurs projets avec l’idéologie du président Trump, dans « Les universités et les professeurs sont nos ennemis », Le Devoir, 28 mars 2025, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/860827/point-vue-universites-professeurs-sont-ennemis ?
[2] Elle aurait posé des questions à la direction du cégep Vanier sur un cours d’anglais et à la direction du collège Dawson sur un cours de français. La ministre aurait aussi convoqué la direction de quatre cégeps montréalais au début de la session d’hiver.
[3] Pascale Déry à l’émission radiophonique « Tout un matin » du 3 décembre 2024.
2. La liberté académique dans la convention collective et dans la loi

par Frédéric Morier, politologue et professeur de sciences politiques
En février dernier, nous apprenions avec stupéfaction que la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, s’était ingérée dans le cursus des cours du Cégep Dawson à la suite de plaintes d’étudiants (dont on ne connait toujours pas la teneur), qui auraient cheminé directement jusqu’à son bureau. Ces plaintes évoquaient, semble-t-il, certains « malaises » vécus par les étudiants au regard du contenu enseigné.
Dans un rare geste d’ingérence politique, Mme Déry était ensuite sortie de la réserve normalement attendue d’une ministre en demandant explicitement d’éviter d’aborder la question palestinienne dans un cours.
Cette intervention, faite au nom d’un contexte social qu’elle a qualifié « d’explosif », à l’automne 2024, fut reçue par les professeurs comme une attaque frontale à la liberté académique, une atteinte à la nécessaire indépendance de l’éducation.
La mobilisation qui s’en est suivie, tant du côté des universités que des cégeps[1], témoigne de l’importance qu’accordent les acteurs du milieu à cette liberté que l’on souhaite soustraire à l’influence politique. Si de nombreuses voix syndicales réclament désormais la démission de la ministre, j’estime qu’aussi légitime que soit notre action, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : la liberté académique dans les cégeps ne repose que sur une annexe de la convention collective, l’annexe VII-5 : « Annexe relative à la liberté académique ».
On y consigne notamment que « toute enseignante et tout enseignant bénéficie des libertés d’enseignement, de recherche et d’expression inhérentes à son rôle et ses responsabilités au sein d’une institution d’enseignement supérieur de caractère public; ses droits ne peuvent être affectés par le collège en autant que ces libertés sont exercées dans le respect de ses obligations vis-à-vis celui-ci. »[2]
Ce fut, par ailleurs, une belle victoire puisqu’en l’intégrant à notre contrat de travail, la liberté académique est devenue un principe fondamental que l’on ne peut plus balayer sous le tapis au bon vouloir des directions.
Pourtant, au regard de l’actualité récente, il semble que cette disposition de la convention ne soit pas suffisante. Si nous devons occuper le terrain de la mobilisation, j’estime que nous devrons également occuper les terrains politique et juridique.
En effet, si nous souhaitons véritablement agir pour garantir cette liberté, c’est justement vers nos élus que nous devrons porter nos actions, en appelant fermement à un élargissement de la portée de la « loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire ». Cette pièce législative, nous nous en souvenons, avait été adoptée dans la foulée de l’affaire Lieutenant-Duval.[3]
Une loi, bien plus qu’une annexe de la convention collective, est beaucoup plus susceptible de contraindre l’ingérence politique, car il apparaît évident que le non-respect d’une loi pourrait entrainer des conséquences beaucoup plus importantes que le non-respect d’une disposition de notre convention. De surcroit, une telle protection législative aurait aussi pour effet d’ajouter des leviers juridiques nous permettant d’aller au-delà des relations de travail et ainsi de nous adresser à d’autres tribunaux.
Je reconnais que ce chemin législatif est plus tortueux et que l’atteinte de cet objectif est plus difficile puisqu’il dépend de la volonté politique de nos élus. Mais nous ne devrions pas abandonner la voie légale puisqu’elle m’apparaît beaucoup plus prometteuse à long terme qu’une mobilisation demandant la démission de la ministre.
Soyons courageuses et courageux et faisons pression sur nos élus! Demandons-leur, par tous les moyens, de faire preuve de bon sens (pour reprendre un mot galvaudé) et d’élargir la portée de la loi protégeant le milieu universitaire aux cégeps du Québec. Écrivons-leur, interpellons-les, soyons ce caillou dans leur chaussure jusqu’aux prochaines élections, s’il le faut !
Solidairement vôtre !
[1] Benoit VALOIS-NADEAU, « Plus de 800 professeurs réclament la démission de Pascale Déry », Le Devoir (8 mai 2025), https://www.ledevoir.com/societe/education/877483/plus-800-professeurs-reclament-demission-pascale-dery?
[2] QUÉBEC, FNEEQ-CSN/CPNC, « Annexe VII-5 : Annexe relative à la liberté académique », Convention collective des enseignantes et enseignants 2023-2028, 2024, p. 396, https://fneeq.qc.ca/wp-content/uploads/CC_FNEEQ_2023-2028.pdf
[3] Loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire, L. R. Q. 2024, c. L-1.2, https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/l-1.2
3. Liberté académique ou droit de choquer?
4. Je me questionne
5. Suis-je un enseignant ou une personne qui enseigne?

par Joan-Sébastien Morales, trésorier du SEECLG et professeur en techniques de l’informatique
Tiens, en ce samedi matin, je me suis dit que j’allais mettre mon grain de sel dans le débat sur l’écriture inclusive au lieu de corriger.
Disons tout de go que mon propos ne porte pas sur la notion de genre. N’en déplaise aux personnes aux tendances conservatrices, l’évolution des connaissances amène naturellement à concevoir que la notion de genre ne peut plus s’inscrire dans un simple discours binaire tant au niveau biologique que psychologique et social. Aussi, n’étant ni linguiste ni enseignant de français, je peux difficilement me prononcer sur la meilleure façon d’intégrer cette nouvelle conception du genre dans notre langue. Je voudrais plutôt partager une réflexion toute personnelle.
Celles et ceux qui me côtoient connaissent mon souci du mot juste au point où je peux en devenir harassant. Peut-être est-ce une déformation professionnelle, parce que programmer, c’est avant tout l’art de maitriser un langage extrêmement précis. L’utilisation d’un mot erroné ou l’oubli d’un point-virgule fait en effet boguer à tout coup la machine. Ou peut-être est-ce simplement parce que, selon moi, utiliser le mot juste et la bonne syntaxe permet de mieux se comprendre et d’éviter les conflits?
Je conçois que l’emploi du masculin générique « enseignant » n’est plus approprié et que le couple « enseignante et enseignant » ne respecte pas la diversité des genres. La locution « personne enseignante » devient alors un passe-partout pratique. Cependant, j’ai un malaise avec cette formulation. Selon ma conception des choses, un enseignant est bien plus qu’une personne qui enseigne! Le mot « enseignant » évoque pour moi l’expérience, l’étude, l’engagement, la passion! Alors qu’une « personne enseignante », bof…, ça me laisse froid. C’est impersonnel. On dirait une personne qui enseigne, comme ça, un peu par hasard, voire par erreur, parce que ça adonne de même. Je vois aussi parfois la périphrase « membre du personnel enseignant ». Ah ben là, vous me perdez complètement! Je ne me sens pas visé. Me voilà plutôt noyé dans une masse qui enseigne. Rendu là, on pourrait employer l’expression « une entité qui enseigne ». Une entité qui pourrait prendre la forme d’un humain, d’un extraterrestre ou d’une machine. Cela nous éviterait bien des maux de tête pour nos futures politiques : « Sans l’accord de l’entité enseignante, un membre du groupe étudiant ne peut obtenir l’aide d’une tierce intelligence ». C’est beau non? Une pure abstraction.
Le Guide pratique d’écriture inclusive[1] publié par le Collège en mai dernier contient certes des pistes intéressantes pour faciliter l’écriture inclusive. Par contre, quelques suggestions ont provoqué chez moi un sentiment d’étonnement, comme remplacer « être anxieux » par « éprouver de l’anxiété », « beaucoup d’étudiants » par « la plupart » ou « directeur » par « gestionnaire ». J’utiliserai donc ledit guide avec précaution.
Vous aurez compris que je n’ai pas de solutions, mais seulement des inquiétudes quant aux glissements de sens des solutions pratiques que proposent les tournures épicènes. Peut-être nous manque-t-il des mots pour décrire la complexité croissante de notre monde?
[1] COLLÈGE LIONEL-GROULX, Guide pratique d’écriture inclusive, Sainte-Thérèse, 15 mai 2025, 6 p. [accessible dans l’Intranet des employés]
6. Les trois petits singes : une fable

par Raquel Marie Karawi, professeure d’anglais
Il était une fois trois petits singes qui vivaient dans une jungle urbaine. Ici, les bananes étaient disponibles au supermarché et non à un arbre.
Le premier singe avait une ouïe exceptionnelle. Il entendait souvent des conversations contradictoires avec les siennes, qui se déroulaient dans les médias, mais il ne disait rien parce ce serait de l’ouï-dire, n’est-ce pas?
Le deuxième singe vivait l’inconvénient de ne pas avoir d’arbres à bananes et plusieurs autres problèmes, encore plus importants, mais on lui avait dit que sa vision ne se conformait pas à celle de la collectivité, donc que ce serait mieux de ne montrer ses fausses idoles à personne.
Finalement, le dernier singe est devenu muet après avoir entendu ce qui arrivait aux dénonciateurs. Pour lui comme pour ses confrères singes, parler de la réalité était tabou. Alors il s’est tu au détriment de chaque personne qui avait soif de vérité.
La morale de l’histoire : nullum malum audimus, nullum malum videmus, nullum malum loquimur*.
*Nous n’entendons pas le mal, nous ne voyons pas le mal, nous ne disons pas le mal.

II) AFFAIRES SYNDICALES
7. Actions de mobilisation pour dénoncer les coupures gouvernementales

par Virginie Gagnon-Carignan, secrétaire du SEECLG et professeure de littérature
Le 14 mai dernier, le Syndicat des enseignantes et des enseignants du Collège Montmorency (SEECM) nous invitait à participer à une manifestation intersyndicale pour dénoncer les compressions budgétaires qui sévissent dans les services publics. Le gouvernement Legault a récemment annoncé des coupures supplémentaires; le manque à gagner atteint maintenant 151 millions de dollars dans le réseau pour l’année 2025-2026. À Lionel-Groulx, ces coupures représentent environ quatre millions de dollars.
Quelques discours ont été prononcés, dont celui de Jean-Philippe Martel, membre du comité exécutif du SEECM, qui a pris la parole pour dénoncer les impacts majeurs de ces coupures monstres sur nos conditions de travail et sur l’enseignement collégial. Courriel Laval a couvert l’événement. Cliquez ici pour lire leur article.
Par ailleurs, votre exécutif a préparé quelques affiches pour dénoncer ces coupures. Les voici en primeur; vous risquez de les voir apparaître à certains endroits clés du Collège à la prochaine rentrée.









8. Compte rendu des CRT du 29 avril et du 21 mai 2025

par Stéphanie Labonté, professeure de littérature et membre du CRT

Des ETC, encore des ETC!
Avril est toujours un mois chargé pour le CRT avec l’étude du projet de répartition. La croissance du Collège, dans les dernières années, a été impressionnante : ce sont près de 7000 étudiants qui sont attendus à la prochaine rentrée! Le projet de répartition reflète, en bonne partie, cette croissance, bien que nous estimions que les prévisions sont probablement un brin conservatrices. La partie patronale s’est montrée à l’écoute au cours de ces échanges, ce qui a permis plusieurs avancées : révision des prévisions pour certaines disciplines, injection des ressources prévues à la convention collective pour les PES et pour la coordination de stages à supervision indirecte, ajustement des ressources pour les coordinations départementales… Tous ces efforts ont permis d’en arriver à une entente, chose rare, sur le projet de répartition.
Des postes, encore des postes!
Qui dit plus de ressources, dit aussi plus de postes! Un peu plus d’une soixantaine de postes seront ouverts au premier tour pour l’année 2025-2026! Nous espérons que ces bonnes nouvelles faciliteront la rétention du personnel enseignant et permettront aux départements de stabiliser leur équipe.
Des enjeux, encore des enjeux!
L’application des différentes dispositions de la convention collective a également suscité de nombreux échanges. Parmi les enjeux abordés ce mois-ci, notons que des discussions ont porté sur les modalités des congés de perfectionnement sans salaire, la reconnaissance de l’expérience non rémunérée, les modalités de retour progressif dans un contexte où la charge de remplacement a été fractionnée de même que sur la contribution de l’employeur aux assurances collectives.
9. Compte rendu de la Commission des études (CÉ) du 1er mai 2025

par Joan-Sébastien Morales, trésorier du SEECLG et professeur en techniques de l’informatique
Réussite CLG
Marie-Josée Tremblay, enseignante en théâtre interprétation et Camille Tremblay, étudiante dans le même programme, nous présentent le film L’avenir conçu par les étudiantes et les étudiants dans le cadre de leur épreuve synthèse de programme. Il a remporté le prix du meilleur film canadien au Festival international du film sur l’art (FIFA). La bande annonce est disponible ici : https://lefifa.com/catalogue/lavenir et une projection locale sera organisée le 8 septembre prochain au Théâtre Lionel-Groulx. Félicitations à toute la cohorte!
Politique bienêtre et civilité
Geneviève Pharand (directrice adjointe des affaires juridiques) et Marie-Josée Garneau (directrice des relations avec la communauté) nous présentent une révision partielle de la politique afin de répondre aux exigences légales sur la protection des stagiaires en milieu de travail et sur la prévention du harcèlement psychologique ou sexuel. Une révision complète de la politique est promise pour l’année prochaine, mais comme les délais pour se conformer aux lois sont déjà dépassés, il y a urgence!
Selon la partie syndicale, les modifications proposées sont inquiétantes pour plusieurs raisons. Dans un premier temps, l’enseignante ou l’enseignant qui supervise une ou un stagiaire aurait la responsabilité de recevoir et transmettre les plaintes à la direction. Pourquoi lui imposer ce malaisant fardeau? Celle-ci ou celui-ci pourrait simplement informer la ou le stagiaire de la démarche à suivre. Ensuite, les obligations liées aux activités sociales hors des murs du Collège nous apparaissent mal définies et sujettes à des glissements lors d’enquêtes disciplinaires. Cette politique peut être utilisée en arbitrage, alors il nous apparait important de la retravailler encore.
Après des discussions houleuses, la directrice des études propose à la Commission de donner un avis favorable sur les aspects pédagogiques de la politique à condition qu’elle soit révisée en Comité des relations du travail (CRT). Disons qu’on étire un peu la procédure et que c’est probablement pour cette raison que le vote est demandé. La proposition est adoptée avec une légère majorité.
Politique institutionnelle d’évaluation des apprentissage (PIEA)
Une version préliminaire de la PIEA est présentée par les membres du comité de rédaction à la Commission. On rappelle l’envergure des travaux débutés à l’ère prépandémique à l’aide d’innombrables comités et de consultations. Quelques questions sont soulevées sur la nouvelle procédure de demandes de révision de notes et sur la présence aux évaluations. Le comité de rédaction se penchera sur le texte afin de tenir compte des commentaires. La version finale de la PIEA sera présentée pour obtenir un avis lors de la Commission des études du 29 mai prochain.
Y’a pas à dire, l’ambiance dans la salle stratégique détonne avec le point précédent. Comme quoi une véritable coopération avec la communauté est un gage de relations de travail harmonieuses!
10. 2e article de notre nouvelle FAQ : les limites du PVRTT
Au cours des prochaines semaines ainsi que lors de la prochaine année scolaire, nous comptons concevoir et mettre en ligne une série d’informations regroupées sous diverses rubriques qui constitueront une FAQ sur mesure pour les enseignantes et les enseignants du CLG. Nous vous présentons aujourd’hui notre premier article, qui porte sur la disponibilité des enseignants.
Saviez-vous que lorsque vous souscrivez au Programme volontaire de réduction du temps de travail (PVRTT), vous contribuez à votre fonds de pension (RREGOP) comme si vous n’aviez pas réduit votre temps de travail? En d’autres termes, si vous réduisez votre tâche, vous contribuez quand même à votre RREGOP à 100%.
Il y a toutefois une limite à cette pleine contribution : il importe que la somme des % de réduction de votre tâche ne dépasse pas 5 ans de service au total. C’est ce qu’on appelle la « banque fiscale ».
Peut-on se prévaloir du programme en dépit de l’atteinte du maximum de 5 ans ? La réponse est oui, la personne peut toujours se prévaloir d’un programme de réduction du temps de travail.
Cependant, le service accordé dans le cadre du PVRTT qui excède cette limite entraînera l’émission d’un facteur d’équivalence pour service passé (FESP) plutôt qu’un facteur d’équivalence (FE). Contrairement au FE, le FESP doit être attesté par l’Agence de revenu du Canada (ARC) afin de vérifier si la personne dispose d’un espace fiscal suffisant (l’information sur l’espace fiscal, ou espace inutilisé à titre de REER, est disponible sur l’avis de cotisation produit par l’ARC).
Dans le cas où l’espace fiscal est insuffisant, l’ARC demandera alors à la personne d’effectuer un retrait admissible à ses REER (voir formulaire T-1006) pour permettre l’attestation du FESP et reconnaître la totalité des périodes de service accordées en PVRTT qui excède la limite imposée par la banque fiscale.
Si la personne refuse d’effectuer ce retrait, l’ARC refusera à son tour d’attester le FESP et en informera Retraite Québec. Dès lors, Retraite Québec devra refuser d’accorder le service afférent à ces périodes, ou, s’il y a lieu, reconnaître uniquement le service excédentaire en proportion de l’espace fiscal disponible. Les cotisations afférentes au service excédentaire ne pouvant être attestées devront quant à elles être remboursées à la personne.
Si vous souhaitez plus d’information sur la banque fiscale, vous pouvez consulter les pages F199ABDX00A001, F199ABDX00C001 et F199ABDX00D001 du Cahier des normes de Retraite Québec.
11. Pour clore l’année…

par Denis Paquin, président du SEECLG et professeur en économique
Un dernier petit blitz de correction avant des vacances pleinement méritées! Une année chargée se termine.
Le Collège change rapidement avec une croissance et une transformation de l’effectif étudiant. L’austérité effectue un retour dans le réseau collégial; la pression est forte sur notre milieu de vie. La liberté académique a été attaquée par la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry. Le gouvernement caquiste s’attaque plus largement au mouvement syndical et au droit de grève avec son projet de loi 89.
Localement, nous avons assisté à l’aboutissement des travaux sur la PIEA amorcés il y a quelques années. Le travail syndical a aussi été marqué par plusieurs grands chantiers, qui se poursuivront pour la plupart l’année prochaine. On pense notamment à l’application de la nouvelle convention collective, à la révision du processus d’évaluation administrative ou à l’alternance travail-études (ATÉ).
Le retour des vacances s’annonce déjà sous le signe de la mobilisation. Mais d’ici là, c’est le temps de faire un peu le vide et de se féliciter collectivement pour le travail accompli cette année! On se voit à l’AGA, le 9 juin prochain en avant-midi, suivie du dîner syndical au restaurant Chez Lionel, dans une atmosphère de réconfort.
12. À venir :
- 28 mai : AG syndicale
- 29 mai : Commission des études (CÉ)
- 29 mai : 5@7 hommage aux retraités
- 30 mai : Gala et fête de fin d’année du Collège
- 1er juin : 2e date limite pour une demande de PVRTT
- 3 juin : Date limite pour la remise des notes au Collège dans ColNet (16h)
- 9 juin : AGA syndicale & dîner syndical de fin d’année
- 16 juin : Dernier jour de disponibilité du personnel enseignant !