Auteur anonyme


Oh mon beau collège adoré,

T’as dépassé ton poids santé!

Faudrait pas te faire des accroires,

T’as des problèmes circulatoires!

Quand Debbie pleure en grosses trombes,

Tu vascilles, oui, presque, tu tombes…


Amis, l’époque est incertaine, 

On n’a pas d’temps, mais d’la bedaine!

Faut engager à l’arraché,

Y’a des ennuis à la rentrée!

Si tu veux mon avis, yo bro,   

Garde ta rétro pour un vélo!


Et puis encore les groupes gonflent,

Et puis encore les profs jonglent,

On coupe dans l’maigre, Madame Déry?

Vous qui nous avez tant promis?

Que de diplômes à imprimer!

Si au moins y’avait du papier…


De l’humanisme, kesse qu’il advient?

Hélas! On n’a plus les moyens!  

Suivez le guide, les procédures,

C’est ça la vie, les temps sont durs!

Dans la belle machine à popcorn :

Envoie ta demande de licornes!


IA d’la place dans mon paradis!   

Si c’est gratuit, t’es le produit! 

La bête est grosse, elle est gourmande,

Avec une belle valeur marchande.

« Elle corrigera toutes nos erreurs »,

Disent-ils, cachés dans leur bunker.


Choisis ton cours, ton personnage.

Faut pas découvrir ton visage!

Reste donc chez-vous, ben connecté,

Tu risques pas d’être étonné!

Moins de poésie, moins d’humain :

Moins de problèmes, c’est ben certain!


Épilogue

Oh toi, étudiante, étudiant!

Qui dine dans’ voiture de maman,

Fais la file pour te soulager,

Et prends l’bon bord des escaliers!

Tu sues sur ta dissertation?

C’pas c’que j’rêvais pour toi, mettons!