
Marilyn Charbonneau
Vice-présidente du SEECLG
Imaginez-vous, une centaine de profs réunis un mardi soir, les yeux rivés à leur écran d’ordinateur: on peut s’attendre, fébrile, à recevoir les nouvelles qui changeront peut-être le montant dans nos comptes en banque. Bien qu’on ait une entente de principe depuis décembre dernier, les principes restent des principes, soit des bases, des points de départ. La route vers l’accord final continue d’être pavée d’embûches.
Dans les dernières semaines, il y a eu ce qu’on appelle la ‘’saga des ressources’’. Autant de rebondissements que dans un téléroman! Déjà qu’on a vécu un certain deuil lorsqu’on nous a appris que les ressources ne seraient pas allouées pour la première année de la convention (2023-2024), mais bien à la deuxième année (2024-2025), on aurait pu au moins espérer un peu de réconfort avec la disponibilité des ressources dès cet automne. C’est d’ailleurs pour nous le permettre que les comités ressources devaient terminer leurs travaux au plus tard le 31 mars dernier, et que la partie patronale devait remettre les textes le 26 février. Cela laissait suffisamment de temps pour la répartition des ressources dans les différents collèges. Surprise! La partie syndicale a reçu la première version des textes de la nouvelle convention collective le… 10 avril. Mais pourquoi donc? Puisque le CPNC (Comité patronal de négociation des collèges) refusait d’envoyer dans les collèges les ressources tant attendues, la partie syndicale a accepté de repousser la date d’échéance d’écriture des textes pour permettre de se concentrer sur la répartition des ressources pour l’automne 2024.
Ah, la communication! Elle est la clé du succès, dit-on. Portant attention aux explications fournies, j’hésite entre le manque de transparence, le manque de clarté ou le manque d’écoute. Laquelle ou lesquelles de ces problématiques reliées à la communication se sont immiscés entre les deux parties? Soudainement, il n’était plus question de calculer la répartition des ressources tant que la convention collective n’était pas signée… Pourtant, les tableaux de la répartition des ressources entre les collèges étaient validés par la partie patronale. Petit jeu de cache-cache : où sont nos ressources négociées? Désolée, mais c’est un refus catégorique. Le jeu des perceptions et des malentendus a gagné : aucune ressource ne sera allouée à temps pour la répartition locale des tâches de l’automne 2024.
Une fois que cela est dit et malgré notre indignation, ne baissons pas les bras! Le comité de négociation continue son combat en alliance (FNEEQ et FEC) pour s’assurer de la conformité des textes avec l’entente de principe. Certains enjeux sont évidemment soulevés (vous pensiez vraiment que la partie patronale n’essayerait pas de modifier certaines parties de texte? Bel essai!). Il y a donc des allers-retours, certains plus rapides que d’autres. On retrouve quatre catégories d’enjeux :
- Coquilles, omissions ou concordances (ne soyons pas médisants, les erreurs humaines sont possibles. Pour les trois autres catégories, je vous laisse libre de vos réactions…);
- Non-conformité au texte convenu;
- Non-conformité au principe de l’entente convenue;
- Nouveaux textes proposés qui n’avaient pas été discutés préalablement.
Il y a certains nœuds, autant à la table centrale qu’à la table sectorielle. On y retrouve notamment la prévision du CPNC d’appliquer la progression accélérée des 5e et 6e échelons ainsi que le saut d’échelon à la rentrée 2024-2025, au lieu du 1er juillet, comme convenu. Non seulement la partie patronale veut repousser la date d’application, le saut d’échelon serait appliqué uniquement au personnel enseignant sous contrat au 1er juillet. Ce n’est clairement pas ce qui nous a été présenté au début de l’hiver.
Notre cordage a encore quelques nœuds à défaire avant de pouvoir larguer les amarres et se sortir de cette négociation. Il y en a très peu, certes, mais il suffit d’en avoir un bien serré pour nous ralentir substantiellement. Qu’à cela ne tienne, aucune table n’a encore signé sa convention collective dans le secteur public. Qu’on soit optimiste ou pessimiste, un peu de patience est encore de mise. Dès la semaine prochaine, un retour global de l’entente à la partie patronale nous fera avancer d’un grand pas. Malgré tout, tant que cette convention ne sera pas signée, notre verre restera à moitié plein… ou à moitié vide. Commencez-vous à avoir soif?