
– Par votre exécutif
À l’occasion de la Semaine des enseignantes et des enseignants, du 2 au 8 février, le Collège a organisé une Pause reconnaissance du personnel enseignant, ce mercredi midi, au Hall Duquet, dans le but de souligner notre « travail remarquable », tel que mentionné dans l’invitation du CLG à la une. On nous a offert du café, du chocolat chaud et des gobelets réutilisables à l’effigie du Collège.
La directrice des études, Marie-Ève Dupuis-Roussil, a lancé le bal en prenant la parole pour souligner l’importance du travail que nous effectuons au quotidien et nous en remercier. Pour clore l’événement, Philippe Nasr, le directeur général, a rappelé ses motivations et ses objectifs en lien avec les valeurs institutionnelles, en soulignant l’importance de l’éducation dans le contexte politique actuel. Entre les deux, notre président de l’exécutif, Denis, a lui aussi offert un discours à l’assistance, constituée d’une cinquantaine de personnes. Voici donc un compte rendu de son allocution :
« L’an dernier, à pareille date, nous étions en fin de négociations pour notre nouvelle convention collective. Cela paraît déjà loin… imaginez dans quatre ans ! Une négo, c’est une pause forcée qui permet de nous rapprocher de nos collègues directs, mais aussi de tisser des liens avec d’autres collègues dont nous n’avions même pas encore soupçonné l’existence… d’autres profs, mais également des camarades du personnel professionnel et de soutien. On réalise alors qu’il y a des limites aux requêtes Octopus !
Jeune prof, j’ai côtoyé plusieurs collègues en fin de carrière. Disons que pour certains, le parcours avait été long… C’est un défi de vieillir dans une profession avec peu de mobilité professionnelle et où nos étudiantes et étudiants ne vieillissent pas, avec le retour incessant des mêmes défis. Le Syndicat organise chaque année un événement où les collègues rendent hommage aux nouveaux retraités. On devrait tous assister à ce moment agréable, drôle et, surtout, authentique. C’est pour moi un excellent antidote au cynisme ambiant.
Un mot se dégage de ces hommages : « ENGAGEMENT » (écrit en majuscules, comme une personne qui abuse de cet usage, mais dont nous allons taire le nom !). Créer des amitiés, s’engager dans la maîtrise d’un champ disciplinaire complexe, développer sa pédagogie, réaliser des projets, localement ou à l’international, s’épanouir simplement parce que c’est un métier qui permet, malgré ses défis, d’explorer ses passions et de se réaliser ; c’est le message que je retiens à chaque édition de cet hommage.
À Lionel, nous aimons bien le mot « engagement », et avec raison, mais souvent, nous le ramenons à un acte individuel. C’est toutefois une collectivité solidaire et engagée qui permet réellement de soutenir des profs passionnés qui marqueront leurs étudiantes et étudiants. Nos retraités pourraient en témoigner.
En terminant, quelques mots sur la négo : c’est par nos luttes que nous améliorons la société et nos conditions de travail (on pense tout de suite au manque constant de ressources, par exemple). En plus de nous permettre d’espérer un monde meilleur, une négo nous amène à tisser des liens, donc elle permet d’aborder nos enjeux plus sereinement, leur retirant parfois même une couche de lourdeur, le temps d’un instant, pour en rire ensemble.
En cette ère d’instabilité, de faits alternatifs, d’effritement du droit et du bien commun, l’éducation apparaît comme un phare dans l’obscurité. Bonne semaine des enseignantes et des enseignants ! »

