Les droits des femmes. Je constate que le débat est encore présent, même au sein de ma propre famille. Mes plus grandes chicanes familiales tournent autour de ce sujet qui me semble relever de l’évidence, au Québec, en 2026. A-t-on réellement encore besoin de revendiquer l’équité salariale? De démontrer que l’égalité en emploi n’est pas atteinte? Que la maternité continue d’avoir un impact significatif sur la carrière de bon nombre de femmes? Que près de 3 $ de l’heure séparent encore la rémunération horaire moyenne des hommes et des femmes? Que cet écart soit encore plus marqué chez les femmes issues de l’immigration? Que la répartition des tâches domestiques est encore inéquitable dans bien des ménages? Que les femmes sont surreprésentées parmi les victimes de violences sexuelles et de violence conjugale?
Il faut croire que oui.
J’ai eu le malheur (ou plutôt, le grand bonheur) de porter mon chandail « Féministe tant qu’il le faudra » lors d’une rencontre familiale. Que de commentaires dont je me serais passée!
« Ben oui, on sait ben les féministes… », sans fin de phrase, suivi d’une attente silencieuse collective un peu malaisante. « Moé, les féministes, chu pas capable. ». Personne n’ose répondre, questionner, critiquer ou adhérer. Personne n’ose se lever deboutte, peu importe la génération. Si on ose se lever deboutte, on se fait traiter de féministe, comme si c’était une insulte. Depuis quand défendre ses droits est devenu offensant? Depuis quand militer, lutter, éduquer pour l’équité, l’ouverture et les droits communs mérite une claque verbale en plein visage? On laisse passer ces commentaires. On s’y est habitué. Depuis trop longtemps…
À ceux qui, comme ce « gentil » membre de ma famille, demandent « À quand la journée des hommes? », sachez que, bien que dans le langage populaire, on associe parfois le 8 mars à la Journée de la femme, cette journée est reconnue comme la Journée internationale des luttes des droits des femmes par l’ONU Femmes. Cette journée prend racine avec l’histoire des luttes féministes et est célébrée depuis 1911 afin de revendiquer le droit de vote des femmes, le droit au travail et à la fin des discriminations au travail. Il s’agit d’une occasion pour faire le bilan de la condition féminine, se rappeler des luttes menées pour l’égalité, souligner les avancées, et reconnaître tout ce qu’il reste à faire.
Donc, à quand la journée des hommes? Je ne peux répondre à cette question.
Ce que je peux faire, en revanche, c’est de vous inviter, toutes et tous, à porter ce même chandail : « Féministe tant qu’il le faudra », à afficher vos couleurs solidaires, à vous lever deboutte. Provoquez les discussions avec celles et ceux qui ne sont « pu capables » des féministes. Ça vous donnera une belle occasion d’ouvrir le dialogue, de communiquer, de briser les tabous et de combler les silences malaisants, afin de faire avancer la réflexion là où elle s’est arrêtée dans le temps.
Références statistiques:
Guay, N. (2024). Pourquoi les femmes gagnent-elles toujours moins que les hommes en emploi au Québec? Montréal, Observatoire québécois des inégalités. Récupéré de https://observatoiredesinegalites.com/wp-content/uploads/2024/11/pourquoi-les-femmes-gagnent-moins-que-les-hommes-quebec-2024.pdf