Nicolas Géraudie
Enseignant et co-coordonnateur TGÉ, membre de la commission des études


329 mots.

Une ouverture, une phrase de politesse, et entre les deux, cinq paragraphes aux idées bien articulées.

Un français impeccable : aucune faute d’orthographe, une grammaire parfaite, des expressions ampoulées, un style courtois.

Voici le contenu du plus long message col.net qu’il m’a été donné de recevoir depuis le début de ma carrière. Avouez que ça détonne des messages télégraphiques que l’on est habitué.es d’y lire : une seule phrase (en autant qu’on puisse ainsi la nommer : pas toujours de verbe), presque autant de fautes d’orthographe que de mots (j’exagère ?), c’est plutôt ce genre de teneur que je suis habitué de croiser sur cette belle plateforme de communications.

Mais que contient cette pépite de la littérature « colnetienne » ? En résumé, il s’agit de doléances provenant d’une personne étudiante (appelons-la Rémi) afin de réclamer un passage dans mon cours, malgré une note insuffisante.

Or, justement, pourquoi ai-je pris la décision de ne pas faciliter le parcours scolaire de Rémi ? Parce que j’estime, en dehors de toute preuve factuelle, mais à la lumière d’une allégation fort probable, que Rémi a utilisé une « intelligence complémentaire » (artificielle ? est-ce démontrable ?) pour effectuer son travail de fin de session.

Puis-je le prouver ? non. Ce n’est qu’une allégation, absolument pas démontrable, car sinon, j’aurais appliqué la sentence de plagiat telle que convenue dans la PIEA.

Et voilà que Rémi, désemparé devant son échec, se tourne vers les outils à sa disposition pour quêter un passage, dans un message col.net dont la virtuosité du langage ferait pâlir un académicien.