Virginie Gagnon-Carignan
Enseignante en littérature, membre de l’exécutif syndical et du CRT


C’est un début de session pour le moins rocambolesque que nous avons vécu cette session. On pourrait croire que nous y sommes habitués, mais il y a toujours de belles surprises qui émergent pour stimuler notre créativité. 

Outre ces désagréments qui ont occupé nos premières semaines de travail syndical, c’est une session importante qui débute puisque nous recevrons (enfin) nos ajustements salariaux et que nous devrons veiller à l’application de la nouvelle convention collective. 

Voici un compte-rendu des sujets qui ont été abordés au premier CRT de l’année, qui s’est tenu le 27 août dernier. 

Ouverture du cadre horaire

Le Collège nous informe que huit enseignant.es accueillent un total de neuf groupes cours sur deux plages horaires en soirée, soit le mardi et le mercredi. Ces groupes totalisent 222 étudiant.es sur une possibilité de 304 places, ce qui fait un taux d’occupation de 73%. Au départ, c’est douze groupes cours qui étaient prévus en soirée, mais quatre ont été fermés dès le mois de juin en raison d’un manque d’étudiant.es volontaires (tiens donc! c’est pourtant un tout autre discours qui nous a été livré à la journée d’accueil). Ce taux d’occupation plus faible qu’escompté génère des préoccupations : quelle sera la répercussion sur la CI (charge de travail annuelle) des précaires? Cela aura-t-il un impact sur le financement? L’organisation scolaire promet un retour sur le sujet après la date de confirmation de la fréquentation scolaire (le 19 septembre). 

La partie syndicale insiste sur la nature temporaire de cette mesure et sur le fait que des enseignant.es pourraient s’être portés volontaires pour cette session, mais ne pas l’être la session prochaine. 

En raison du manque d’espace (aviez-vous remarqué?), on nous a informés que certains cours se donnent au centre communautaire.

Distribution des portables 

À la session d’hiver dernier, on annonçait à toutes les équipes de coordination que dorénavant, le personnel enseignant embauché pour une charge de moins de 50% ne recevrait pas de portable, ce qui nous a tous estomaqués. Ce traitement inéquitable envers nos collègues, plus particulièrement envers les précaires, nous apparaissait clairement inacceptable. Or, nous apprenons maintenant que la règle a de nouveau changé et que les portables seraient distribués à tous. Qu’est-ce qui explique cette volte-face? La prise en considération du bien-être des précaires? Le souci de la qualité du matériel présenté en classe? On aimerait le croire. Mais non, le véritable enjeu, c’est la cybersécurité. 

Nous en sommes heureux, certes, mais il aurait été agréable de l’apprendre plus tôt, afin d’éviter que des enseignant.es dépensent une somme considérable pour s’équiper de façon à être à même de faire leur travail ou que la distribution puisse se faire avant le début de la session et non pas dans le chaos, entre la recherche d’un stationnement, la course au papier et un cours au centre communautaire.

Lancement de la campagne de sensibilisation et de la formation sur les renseignements personnels

Un comité d’accès à l’information a été formé (composé notamment de Jean-François Talbot, directeur de la transformation et du numérique, Julie Loyer, directrice adjointe des communications, Marie-Michèle Gélinas, directrice adjointe des services financiers et Geneviève Pharand, directrice adjointe du service des affaires juridiques). Ce comité analyse les implications de l’entrée en vigueur de la loi 25 sur notre travail et les modifications qu’elle nécessite. Le Collège ayant l’obligation de former les employé.es, le comité a élaboré un plan de sensibilisation du personnel. Une page d’informations sera publiée sur l’Intranet. Le plan de sensibilisation se déploiera en deux étapes. Il y aura d’abord la publication d’une vidéo informative. Un questionnaire-sondage sera ensuite envoyé à tout le personnel dans l’objectif de mieux cerner les besoins de chacun et d’offrir une formation spécifique pertinente. 

Qu’advient-il du formulaire sur l’engagement et la confidentialité qui avait été présenté en CRT l’an dernier? Nous avions refroidi leur projet en soulignant le risque de non-respect de la convention collective, il a donc été mis sur la glace. 

La partie syndicale en a profité pour rappeler que l’application de la loi 25 devrait être considérée dans la réflexion sur les nouveaux espaces de travail. Le personnel enseignant a besoin de lieux garantissant la confidentialité lors des rencontres avec les étudiant.es. 

Ouvertures et fermetures de groupe

Trouvera / Trouvera pas / Ce qui va / Ce qui ne va pas…

Cette ritournelle pourrait tout résumer. On ouvre des groupes, non, finalement, on les ferme. Et puis non, erreur, on les ouvre de nouveau. On croirait les décisions laissées au hasard. Au CRT, on a appris que ces changements de cap s’expliquaient en partie par certains éléments qui sont précisés ci-dessous. 

Les coordos ont bien valsé cet été (au moins, cette fois, ils étaient payés). Il y a eu 70 ouvertures de groupes et 31 fermetures (dont 20 ouvertures en français, rien de moins). En fait, pas exactement puisque ce chiffre n’inclut pas les programmes de musique et de soins infirmiers. 

L’organisation scolaire a présenté quelques facteurs qui expliquent en partie les erreurs de prévision : 

  • Le réseau anticipait 2% d’augmentation d’étudiant.es, mais le pourcentage s’est élevé à 3,4%. 
  • Un pourcentage plus élevé qu’à l’habitude d’étudiant.es ont bel et bien récupéré leur horaire. C’est 6402 étudiant.es qui ont répondu « présent » à ce moment crucial où il faut leur assigner une place « réelle » dans une classe (qui en contient un nombre suffisant s.v.p., si on veut qu’ils continuent d’être présents).
  • L’organisation scolaire nous avait promis de respecter les Nej max (nombre maximal d’élèves par classe au premier jour). Cela l’a empêchée de gonfler nos listes de classe et, du même coup, de faire monter nos CI (zut), forçant donc l’ouverture de plus de groupes. Avec la nouvelle date d’abandon, cela sera fort probablement une bonne chose puisque nous estimons que moins d’étudiant.es se désinscriront en septembre, notre CI serait alors moins affectée par la déperdition. 
  • L’étudiant.e change. Il va à l’école (bonne nouvelle). Dans le réseau, il y a une hausse du taux de fréquentation. On s’en réjouit. 
  • On prévoyait une déperdition de 8% entre les inscriptions et la remise de horaires, mais celle-ci ne s’est pas concrétisée. Résultat : on a dû (ré)ouvrir des cours qui avaient été fermés.

On jase des causes, mais on a surtout remarqué les conséquences de ces changements de dernière minute, à commencer par les nombreux bris de service et l’alourdissement de la tâche des équipes de coordination (qui, on le rappelle, n’ont pas reçu un juste financement puisque les cours ouverts en août ne génèrent pas de ressources au volet 2 de la tâche). 

Ouverture de postes

Les groupes ouverts en août constituent de nouvelles ressources enseignantes qui n’apparaissaient pas au projet de répartition du printemps. Or, c’est ce projet de répartition qui est utilisé pour l’ouverture de postes. Il sera donc de mise de reconsidérer le nombre de postes ouverts et d’en ouvrir d’autres si nécessaire. Bonne nouvelle, il y a trois tours pour l’ouverture de postes et le troisième prend fin le 30 septembre. On a le temps! Le comité de travail sur la tâche se réunira pour étudier la question le mardi 10 septembre et fera une proposition en CRT le 17 septembre. À suivre…

Rémunération des coordonnateurs ayant travaillé pendant les vacances

Nous applaudissons le fait que cette demande de la partie syndicale faite en CRT l’an dernier ait été mise sur pied rapidement. L’organisation scolaire a estimé le nombre d’heures nécessaires pour le travail fait par les coordonnateurs et coordonnatrices qui ont été appelé.es par le Collège pour la confection des horaires, l’ouverture ou la fermeture de groupes. Elle a ensuite demandé aux coordonnateurs et coordonnatrices impliqués de valider ce nombre d’heures. Au moment du CRT, le total estimé était de 236 h, soit l’équivalent de 0,28 ETC session. Ces données seront validées lorsque toutes les réponses auront été reçues.  

Production des horaires 

La convention collective exige que les horaires soient transmis au personnel enseignant au moins cinq jours ouvrables avant le début de la session. L’organisation scolaire n’a pas été en mesure de respecter ce délai pour différentes raisons dont les deux principales évoquées sont la perte d’une employée clé et des employés aux prises avec une inondation qui ont dû s’absenter quelques jours (dont le directeur adjoint lui-même). Il est devenu rapidement évident que les horaires ne pourraient pas être livrés à temps. 

La partie syndicale a souligné l’importance de se doter de moyens pour être moins vulnérables à de tels problèmes incontrôlables : embaucher des employés supplémentaires pendant cette période cruciale, devancer le processus d’ouvertures et de fermetures de groupe en faisant, notamment, une première analyse de la situation en juin ou en juillet et laisser plus de souplesse dans le calendrier scolaire (très serré cette session). 

Politique de suppléance

La partie syndicale a affirmé la nécessité de revoir cette politique qui suscite bien des questions (notamment à propos du fameux 10% d’heures de cours manquées pour avoir droit à une suppléance). Elle a également souligné que plusieurs changements ont eu lieu depuis la dernière mise à jour de cette politique, dont l’ajout du programme de Soins infirmiers et la mise sur pied de cours intensifs. 

La partie patronale a répondu que les RC (et non RH, vous vous souvenez) ont le mandat de la mettre à jour et que les travaux sont déjà commencés.

Problèmes de la rentrée

Bon… Par où commencer. Y a-t-il seulement un bout? Vous avez été nombreuses et nombreux à nous signaler divers irritants (encore un mot faible), parmi lesquels on retrouve : 

  • un manque de papier (dans une institution d’enseignement, c’est stupéfiant);
  • la réinitialisation du mot de passe qui a empêché des membres du personnel enseignant d’accéder au service de reprographie à distance;
  • la nouvelle licence Antidote qui exigeait de se présenter sur les lieux de travail (pendant nos vacances);
  • un changement de matériel informatique dans certaines salles de classe (téléviseurs au lieu de projecteurs) sans avertissement ni procédure d’utilisation;
  • le stationnement… (que dire de plus que vous ne savez pas déjà sur ce sujet). 

À l’assemblée générale et à l’ACCDP qui ont suivi le CRT, d’autres problèmes ont été relevés.

Ces enjeux ont été ou seront rapportés à la partie patronale et un suivi sera effectué, notamment avant la prochaine rentrée (espérons qu’à force de le répéter, ça va finir par rentrer).