Sylvie Plante
Enseignante en littérature


Chantal nous manquera. C’est peu dire. Chaque jour, Chantal s’annonçait comme une mélodie. En effet, sa présence rafraichissante était précédée immanquablement d’un bruit de roulettes rapide sur le carrelage du corridor qui annonçait son arrivée. Cette fréquence en continu était concurrencée par le claquement de ses talons pointus qui martelait le rythme de ses pas décisifs vers son bureau. Suivaient ensuite un soupir de soulagement, un déverrouillage de porte aux clés clinquantes et un tapotement régulier, assuré par le travail actif de ses longs ongles multicolores attaquant les touches pour abattre des courriels en un tour de main. Cette mélopée me rassurait, faisait partie de mon quotidien, me touchait.

Nous étions matinales. Nous le sommes encore. Donc, souvent, j’avais l’occasion de la croiser au 5e dans ce processus de migration. Inévitablement, j’étais récompensée par le suave nuage de parfum qui l’auréolait et le sourire radieux qu’elle m’envoyait pour me saluer. Prenant le temps de nous parler de nos fins de semaine, nous échangions des conseils sur le style vestimentaire et les brosses chauffantes. Il faut savoir que Chantal et moi avons été engagées en même temps. Je l’ai vu évoluer à travers sa carrière professionnelle, passant avec maestria de professeure, à co-responsable du CAF, à directrice adjointe des études (Service des programmes, de la recherche et du développement ET Service du soutien au projet de développement institutionnel) et à vice-présidente du syndicat des profs.

Ce qu’il faut retenir toutefois, c’est que Chantal est une femme admirable, souriante et engagée. Rigoureuse (et même vigoureuse), on a toujours pu compter sur elle en département pour présider nos assemblées, s’acquitter de ses responsabilités départementales, se présenter aux agapes, donner d’excellents cours, encadrer avec bienveillance ses personnes étudiantes, participer à la vie de notre département et être, franchement, une très bonne collègue. Intelligente et drôle, elle le sera aussi à la retraite. Tant mieux pour son mari, mais elle nous manquera. Bonne retraite très bien méritée, Chantal!!